Comme si rien ne s’était passé. Les véhicules de police ont disparu, la tente blanche qui recouvrait le corps de la malheureuse a fait place au pavé froid de la rue Moretus, à Anderlecht. Pourtant, les voisins et proches de Maria Chidiri ne peuvent oublier ce qui est arrivé vendredi après midi. Quand cette trentenaire célibataire et sans enfant a pris la folle décision d’enjamber l’encadrement de sa fenêtre et de sauter. Pour échapper à la police… qui n’était pas venue pour elle.

Hier, Chris, le voisin du premier étage affirme avec détermination que la police ne s’est pas présentée comme telle au moment de la perquisition de cet immeuble rue Moretus, contrairement à ce qu’annonçait vendredi le parquet de Bruxelles. "J’étais avec ma femme, dans mon salon quand j’entends qu’on fait rentrer une clé dans la serrure de notre porte d’entrée. Ma femme a pris peur et s’est cachée. J’ai demandé qui c’était, personne n’a répondu."

C’était la police de Bruxelles capitale Ixelles, en civil, venue pour interpeller un dealer de drogue présumé. Les enquêteurs disposaient d’un trousseau de clés censé ouvrir l’appartement de l’homme recherché, sans le renseignement du numéro de l’étage. "Et quelques minutes plus tard, je suis aux toilettes et je vois passer une forme juste devant ma fenêtre. Et puis un grand bruit. C’était ma voisine du dessus qui venait de tomber", témoigne ce jeune homme, installé dans cet immeuble de trois étages depuis le mois d’août dernier.

Si la police ne s’est pas identifiée en tant que telle - et ce n’est pas une faute, rappelle le parquet de Bruxelles - à l’étage où vit Maria Chidiri, peut-être que cette dernière a cru à l’intervention d’un cambrioleur. "C’est étonnant. Certes, ses papiers n’étaient pas en règle, mais en cours de régularisation. Elle vit en Belgique depuis si longtemps et c’est une personne honnête et discrète", assure Yassin, un voisin.

La jeune femme parvenait à gagner sa vie en faisant le ménage dans des petits commerces du quartier. Une partie de sa famille vivait en France, l’autre au Maroc. Et sa mort sans raison endeuille son quartier, ses amis, ses proches, qui se demandent pourquoi on en est arrivé là.