Les chiffres sont en forte augmentation ces dernières années, affirme le ministre des Finances, en charge de la Coordination de la lutte contre la fraude. Les 74 fabriques illégales de cigarettes démantelées représentent une hausse de plus de 57% par rapport à 2018.

Neuf d'entre elles étaient situées en Belgique, qui est selon la Douane une plaque tournante pour la production illégale de produits du tabac. La position centrale du Royaume en fait un 'hub' idéal pour ce trafic. Le tabac part ensuite vers le Royaume-Uni, en premier lieu, mais la Grèce et la France deviennent aussi des pays de destination en vogue pour ces produits. Les accises récemment augmentées en France n'y seraient pas étrangères.

Seule la Pologne devance la Belgique en nombre de fabriques illégales de cigarettes démantelées l'an dernier, avec 32 sites sur son territoire. Les Pays-Bas ont vu 8 sites fermés.

En ce qui concerne les fabriques illégales de tabac pour pipes à eau, l'Allemagne a connu le démantèlement d'onze sites, la Suède, de huit et la Belgique, de trois. Là aussi, les chiffres sont en hausse, de 75% par rapport aux démantèlements enregistrés en 2018.

La production illicite de produits du tabac entraine un manque à gagner considérable pour les finances étatiques. "Cela mine notre système fiscal, basé sur la solidarité", a souligné mercredi Vincent Van Peteghem (CD&V). "Chaque euro non-payé par les producteurs est finalement supporté par les contribuables honnêtes".

Le ministre a présenté les chiffres mercredi en compagnie de la secrétaire d'Etat polonaise Magdalena Rzeczkowska et de l'administrateur général des Douanes et Accises, Kristian Vanderwaeren, entre autres. La Belgique a en effet pris, à partir de 2018, le leadership de la collaboration entre Etats européens pour ce qui est de la lutte contre la production illégale de produits du tabac. Cette collaboration passe par l'EMPACT, la "plateforme pluridisciplinaire européenne de lutte contre les menaces criminelles".

La fraude aux droits d'accises était une des priorités de l'UE en matière de lutte contre la criminalité pour les années 2018-2021. Au fil des années, la collaboration s'est étendue et renforcée, ce qui explique la multiplication des démantèlements de sites de fabrication. Une vingtaine d'Etats membres de l'UE, ainsi que le Royaume-Uni et l'Ukraine participent désormais à l'EMPACT, avec le soutien d'Eurpol ou encore de l'Olaf.

Selon l'administrateur général des Douanes et Accises, Kristian Vanderwaeren, les sites de production deviennent de plus en plus grands et professionnels, dirigés par des bandes criminelles de mieux en mieux organisées. Les unités de production se font même mobiles. "On finit par gérer une multinationale sans impôts", note-t-il.