Faits divers L’assassin ne savait pas se servir de son arme automatique et les policiers l’ont remarqué.

Le 24 octobre 2015, alors qu’il était à l’arrêt à un feu rouge du côté de Tubize, un conducteur a été agressé par deux hommes, vers 5 h du matin. Il a refusé d’ouvrir sa portière mais un des individus, portant des gants et une cagoule, a su se montrer persuasif : il a carrément tiré dans la vitre de la portière avant avec une arme à feu. La victime, blessée par les éclats de verre, a été éjectée de son véhicule à bord duquel les voleurs se sont enfuis.

Peu d’éléments intéressants ont été retrouvés par la suite, bien que la voiture ait été retrouvée quelques heures plus tard dans un chemin reculé à Rebecq. Mais sur les lieux de l’agression, les enquêteurs ont trouvé une cartouche non percutée, d’un type peu courant dans les affaires de banditisme puisque ces munitions sont surtout utilisées… par la police.

Une bonne quinzaine de jours plus tard, un habitant de Rebecq, Salvatore Falzone, a été tué par arme à feu et l’auteur a été intercepté. Bilal S. a écopé pour cet assassinat de 25 ans de réclusion. Mais lors de la reconstitution, sa maladresse a attiré l’attention des enquêteurs.

En effet, lorsqu’il a fait à nouveau les gestes qui ont mené au drame, les policiers ont observé qu’après chaque tir, l’intéressé chambrait manuellement une nouvelle munition alors qu’il se servait en réalité d’une arme automatique.

Résultat : après chaque tir effectif, cette manipulation maladroite éjectait une cartouche non percutée mais déjà placée dans la chambre par le mécanisme.

C’est ce qui explique qu’on ait trouvé par terre à Rebecq deux cartouches non percutées après l’homicide. Des munitions du même type, d’ailleurs, que celle trouvée après le car-jacking de Tubize…

Interrogé sur ce fait par les policiers, Bilal S. a refusé de répondre à la plupart des questions, se contentant de nier en bloc. Cité devant le tribunal correctionnel du Brabant wallon lundi pour s’expliquer sur le car-jacking, le prévenu ne s’est pas présenté.

Du côté du ministère public, on a détaillé cette étrange coïncidence concernant la mauvaise manipulation de l’arme automatique mais aussi le caractère identique des munitions utilisées, la proximité géographique entre les deux faits et les résultats d’une étude de téléphonie. Une peine de trois ans de prison ferme a été requise par défaut à l’encontre de Bilal S.

Jugement le 14 octobre.