Faits divers Pour coups reçus à charge de l'ambassadeur de Djibouti

BRUXELLES Nous avons raconté l'histoire de ce chauffeur de l'ambassadeur de Djibouti à Bruxelles, M. Mohamed , qui accuse le diplomate de l'avoir frappé début septembre dans les bureaux de l'ambassade de l'avenue Roosevelt. Le chauffeur osait demander des explications à l'ambassadeur qui avait décidé de retenir sur sa paie le montant d'une amende (le chauffeur s'était volontairement mal garé pour mieux surveiller la Mercedes 500 de l'ambassade).

L'affaire a fait du bruit. Het Laatste Nieuws et la télé l'a reprise.Lors d'un tournage devant l'ambassade, son excellence Moussa Chehem a adopté une attitude «méprisante».

A l'époque, le chauffeur avait voulu déposer plainte auprès de la police d'Ixelles qui avait refusé de l'écouter malgré le certificat d'agression délivré par un médecin.

Hier, le chauffeur s'est représenté dans un commissariat de police, celui de Bruxelles-Capitale-Ixelles au Marché au Charbon. Et cette fois un officier a accepté de l'écouter et d'acter une plainte pour coups et blessures volontaires, menaces, insultes racistes et harcèlement.

Le chauffeur appartient à une ethnie, l'ambassadeur à une autre. A plusieurs reprises, et devant témoins, le chauffeur a dû supporter des insultes visant l'ethnie weima. L'ambassadeur, pour indiquer au chauffeur d'aller plus vite, le frappait dans la nuque. M. Youssouf qui veut simplement que ses droits soient respectés attend depuis dix semaines de l'ambassade de Djibouti qu'elle lui remette un C 4. Le chauffeur décrit un véritable harcèlement subi pendant des mois. L'ambassadeur usait de lui comme de son boy, l'envoyant chercher à Paris du poisson congelé pêché dans la Mer Rouge quand ce n'était pas faire du jardinage. Sa plainte porte le numéro de notice BR 43LL 16921/25. Gilbert Dupont

© La Dernière Heure 2005