Faits divers

Cette habitante de Kapelle-op-den-Bos est décédée, à l'instar de son mari, d'un cancer de la plèvre, le mésothéliome, causé par de l'amiante

BRUXELLES Le tribunal de première instance de Bruxelles rendra son jugement le 28 novembre dans le cadre du procès qui oppose la SA Eternit aux enfants de Françoise Jonckheere.

Cette habitante de Kapelle-op-den-Bos est décédée, à l'instar de son mari, d'un cancer de la plèvre, le mésothéliome, causé par de l'amiante. Selon l'avocat de ses fils, la société Eternit a continué à utiliser ce produit pendant des décennies alors qu'elle savait qu'il était cancérigène.

Le mari de Mme Jonckheere, ingénieur pour Eternit, est décédé en 1987. Son épouse, qui vivait à proximité de l'usine, a succombé treize ans plus tard. Deux des cinq fils de la famille sont par la suite également décédés d'un cancer de la plèvre.

"L'aspect cancérigène de l'amiante était déjà connu dans les années '40", avance l'avocat Jan Fermon. "Le lien entre l'amiante et le cancer de la plèvre est irréfutable depuis 1964, il est donc impossible que la direction de l'entreprise n'ait pas été au courant du problème."

Eternit a pourtant continué à en faire usage et a même fait du lobbying pour tenter d'empêcher ou de limiter une interdiction. "Les autorités et la population ont été trompés et une forte pression a été mise sur les syndicats et les politiques", poursuit l'avocat des enfants des défunts.

La société répond que le risque n'était pas si évident et que des mesures ont été prises. "Il a, dans un premier temps, été considéré que le risque était limité à l'exposition directe au produit. Le processus de production a donc été adapté dans ce sens", explique Me Verbist.

L'exposition qui aurait été fatale à Mme Jonckheere daterait en outre de la fin des années '50 et serait donc prescrite, selon Eternit.
L'amiante a été interdite en Europe en 1998.

© La Dernière Heure 2011