Le mauvais état de la route a bien provoqué l'accident mortel de Farciennes, en août 2004

CHARLEROI Si le combat des motards pour des routes plus sûres est loin d'être gagné, une petite victoire a été remportée hier, au tribunal de police de Charleroi. La Région wallonne, et en particulier le ministère des Équipements et des Transports (Met), a en effet été reconnue civilement responsable de la mort de deux motards, lors d'un accident survenu en août 2004 sur la route de la Basse-Sambre à Farciennes.

Ce dimanche-là, le club Évasion de Châtelineau se rendait à une concentration à Tamines. Mais alors que les 11 copains roulaient tranquillement sur la RN90, l'une des motos s'est mise à guidonner avant de se cabrer, faisant chuter tous les autres comme dans un sinistre jeu de quilles. Daniel De Matteis et Christine Melchior n'ont pas survécu...

Bien vite, l'expertise a démontré que le mauvais état de la nationale était en cause. Une fissure de 30 mètres lézardait la chaussée. À certains endroits, on y entrait le poing. À d'autres, l'herbe y avait déjà poussé. A priori, le Met semblait devoir reconnaître sa responsabilité. La route a subi une réfection dans les jours qui ont suivi le drame et un accord à l'amiable avec les proches des victimes était envisagé. Depuis, la Région a fait volte-face et parle d'un "cas fortuit". En clair, les motards auraient dû prévoir qu'une telle dénivellation pouvait survenir.

Profondément choqués, les proches de Daniel et Christine ont assigné le Met au civil, devant le tribunal de police. Le jour de l'audience, ils ont reçu le soutien de plus de 200 motards, rassemblés par l'ASBL Motards en Deuil.

Et hier, la présidente Véronique Lambert a reconnu la négligence fautive de la Région wallonne, qui aurait dû réparer la RN90 plus tôt. "Ce jugement met enfin les motards sur un pied d'égalité avec les automobilistes", déclarait Me Bernis, conseil des parents de Daniel De Matteis.

La Région wallonne se voit donc condamner à verser 7.500 euros à chaque proche des victimes. Une expertise médicale déterminera les dommages et intérêts à verser aux motards rescapés. Du moins, si la Région wallonne n'interjette pas appel.



© La Dernière Heure 2007