Qui a tué Marc le livreur de café des cafés et restaurants bruxellois. Depuis quinze jours, la police échoue à identifier le ou les assassins présumés de Marc Dellea, un visage connu dans l’horeca, qui avait 45 ans et dont le cadavre a été trouvé le 8 juillet, dans son lit, dans l’appartement de sa compagne, un building de l’avenue Mutsaard à Laeken.

Sans doute l’énigme criminelle la plus mystérieuse en 2014 en région bruxelloise.

Pour aider à arrêter le ou les auteurs, le juge Jean-Claude Van Espen a fait diffuser, ce week-end, un appel à témoins : la police (0800/30.300) est "à la recherche de témoins qui auraient remarqué aux abords de l’habitation des personnes ou des véhicules suspects." Anonymat promis.

Tous les mardis depuis plus de douze ans, Marc garait sa camionnette, une VW Caddy noire, à l’entrée de la rue Jourdan, le piétonnier à restaurants dans le goulet de l’avenue Louise. Le livreur procédait en deux étapes. La première consistait à livrer les commandes de café à tous les établissements clients.

Après quoi, Marc repassait dans les cafés et restaurants et prenait les commandes de la semaine suivante. Il vendait du café italien Il Migliore Caffe, des coupelles de lait, le sucre et des biscuits spéculoos.

Le rituel était immuable. Marc arrivait ? On savait qu’on était mardi.

Le mardi 1er juillet, Marc avait lancé : "À mardi prochain". Et le mardi suivant, 8 juillet, la rue Jourdan s’est inquiétée à 14 h. "Tiens, Marc n’est pas passé ? Cela ne lui arrive jamais, même malade."

Un physique taillé pour le rugby ! 1,90 m pour plus de 100 kilos tout en force. Pas le gras du bide qui accumule la mauvaise graisse. Politesse et gentillesse. Le mot pour rire. Parfois on l’appelait Marco, allusion à ses origines italiennes. Son père, très apprécié, avait tenu un restaurant rue Jourdan où chaque adresse étale sa terrasse sur la rue. "Il n’était pas inquiet. Le dernier mardi, je n’ai trouvé aucun changement. Il avait parlé de sa fille. Tout semblait aller bien."

Il y a deux ans, Marc Dellea s’était acheté une maison en Brabant wallon. Il y avait des travaux.

Mais Marc était de taille. Cet homme ne s’autorisait jamais de congé. Le mot Vacances ne faisait pas partie de son vocabulaire. Les funérailles se sont déroulées vendredi.

Rue Jourdan, l’énigme interpelle : "On l’a retrouvé dans son lit, vers 15 h, lui qui était toujours tôt levé. On dit qu’un carreau avait été cassé dans la salle de bain et que Marc est mort d’une balle tirée derrière l’oreille. Comment fait-on pour s’introduire chez quelqu’un comme lui, entrer dans sa chambre et s’approcher du lit sans le réveiller ? À part bien connaître les lieux et savoir à l’avance qu’il n’y aura pas d’obstacle."

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