Le procès en appel de Jean-Louis Denis, un prédicateur musulman très médiatisé condamné à 10 ans de prison pour terrorisme en première instance, s'est ouvert jeudi matin devant la cour d'appel de Bruxelles.

La magistrate fédérale a requis ce jeudi après-midi devant la cour d'appel de Bruxelles 15 ans de prison à l'encontre du prédicateur islamiste Jean-Louis Denis, au lieu des 10 ans prononcés en première instance. Elle a aussi contesté l'acquittement de l'épouse de M. Denis, soutenant que celle-ci l'avait aidé activement à diffuser ses appels au djihad. Pour la magistrate fédérale, le premier jugement est parfaitement motivé en ce qui concerne le rôle de Jean-Louis Denis. Afin d'appuyer ses propos, elle a projeté une dizaine de vidéos diffusées sur internet ou retrouvées dans l'ordinateur du prévenu qui, à son estime, montrent clairement que ce dernier incitait des jeunes au djihad armé.

La magistrate fédérale a rappelé les liens entre Jean-Louis Denis et Sharia4Belgium, organisation déjà reconnue comme terroriste par la justice. Le "Resto du Tawhid", son association d'aide aux démunis, servait en réalité de levier pour recruter et diffuser une idéologie radicale dans laquelle la Sharia apparaissait comme la solution aux déficits de la société occidentale, a-t-elle aussi relevé.

A l'aide de divers éléments de l'instruction, dont l'analyse de la téléphonie, la magistrate fédérale a mis en avant les contacts extrêmement serrés entre Jean-Louis Denis et des jeunes partis en Syrie, en ce compris le jour de leur départ.

Alors que, à l'ouverture de son procès en appel ce jeudi matin, Jean-Louis Denis a déclaré n'avoir jamais incité à tuer des innocents, la magistrate fédérale a souligné que le prévenu connaissait la situation en Syrie et légitimait le fait de mourir en "martyr".

En conséquence, elle a requis 15 ans d'emprisonnement, soit cinq de plus que le jugement en première instance, compte tenu de la "personnalité hautement manipulatrice" de M. Denis et de son "peu de remise en question".

En ce qui concerne l'épouse du prédicateur bruxellois, la magistrate fédérale a cité notamment des PV d'audition desquels il ressort qu'elle considère son mari comme un "musulman authentique" et connaissait voire encourageait toutes ses activités.

Elle n'aimait pas se sentir en danger mais partageait ses idées et les relayait, considère le ministère public. Son numéro de téléphone figurait comme contact pour les femmes sur les tracts du Resto du Tawhid, dont elle gérait les comptes. Elle s'est documentée sur la scolarité des enfants au Yémen, où elle a envisagé de s'installer.

La magistrate fédérale a dès lors requis huit ans d'emprisonnement à l'encontre de la femme notamment pour avoir participé aux activités d'un groupe terroriste en tant que dirigeante.

Les plaidoiries se poursuivront jeudi prochain à partir de 9h.