Faits divers Déjà condamné pour prostitution de mineure, il doit répondre d’exercice illégal de la médecine.

Michel, 73 ans, le patron de L’Antre du diable, un club sadomasochiste, est poursuivi devant le tribunal correctionnel de Liège. L’homme qui se fait appeler "le diable" et a une tête de diable tatouée à l’arrière du crâne tient un donjon sadomasochiste.

Au départ installé à Vivegnis, il a déménagé à Ans. Il a déjà été poursuivi pour avoir prostitué une jeune fille de 17 ans en 2009. En instance, il avait été acquitté, mais, en appel, le 4 novembre 2014, Michel a écopé de 12 mois de prison avec sursis.

Cette fois, le parquet le poursuit pour exercice illégal de la médecine et de l’art infirmier. Le donjon sadomasochiste propose à des personnes venues parfois de très loin d’être soumises, mais aussi de subir des sévices dont certains pourraient s’apparenter à des actes chirurgicaux.

Il est apparu que des personnes se faisaient clouer le sexe sur une planche en bois, ou encore suturer le méat urinaire… D’autres préfèrent se faire injecter du sérum physiologique dans les seins avec des aiguilles pour les gonfler ou se faire prélever du sang pour le boire.

Des interventions qui pourraient s’apparenter à des pratiques médicales et infirmières et sont strictement encadrées, notamment au niveau de l’hygiène et des personnes qui les pratiquent.

Le parquet retient une période infractionnelle entre 2013 et 2014.

L’organisation qui se présente comme une association ayant pour but de promouvoir le sadomasochisme a même sa propre radio et partage des événements sur Facebook.

Ainsi, le 17 juillet 2014, les tenanciers promettaient des "jeux médicaux dans le BDSM" (bondage, sadisme et masochisme, NdlR) à l’Antre du diable.

La plupart des séances ayant été photographiées et partagées sur le forum de l’Antre du diable, il est difficilement contestable que de tels actes s’y soient produits. Reste à savoir si le tribunal estimera qu’ils sont sous le coup de la loi.

Le tribunal a décidé de remettre le dossier pour permettre au parquet de renvoyer une citation à Michel.