Stéphane Pauwels est arrivé parmi les premiers. Il s'est installé derrière Farid Hakimi et s'est montré plutôt discret. Il a refusé de s'exprimer et s'est contenté de nous dire qu'il se sentait comme un homme qui doit se présenter devant un tribunal. Le premier à avoir pris la parole est Farid Hakimi. Il a commencé par contester toute une série de préventions pesant à son encontre. Il a ainsi nié avoir été en présence de Benaouane avant une des attaques reprochées. Pour les faits de Lasne, ceux reprochés notamment à Stephane Pauwels, Farid Hakimi conteste également sa présence sur les lieux.

Concernant le plan des lieux retrouvé à son domicile, il donne une explication : "Le papier retrouvé chez moi, quelqu'un me l'a remis pour que je le transmette à Monsieur Benaouane mais je ne l'ai pas fait. Je l'ai reçu de Monsieur Enif. Je n'ai jamais rencontré ni Pauwels, ni Colassion. Monsieur Enif m'a demandé de transmettre le papier à Monsieur Beanouane mais je ne sais pas pourquoi il m'a demandé de transmettre ce plan d'accès. Il m'a parlé du fait mais j'ai répondu que ça ne m'intéressait pas. Monsieur Enif m'a bien dit que c'était pour que Benaouane puisse commettre les faits". Le président lui demande alors pour quelle raison il a refusé de commettre cette attaque à partir du moment où il savait que le plan était transmis dans ce but. Farid Hakimi répond ne pas savoir pourquoi il n'est pas passé à l'acte, il reconnaît par contre s'être rendu sur place, à Lasne, la veille mais il déclare s'être rendu chez un ami, à proximité, à Overijse, précisément.

Farid Hakimi a ensuite contesté une autre série d'attaques reprochées. A la question de savoir pourquoi Farid Hakimi s'est attaqué à des dealers (question soulevée par le procureur fédéral, Julien Moinil), Farid Hakimi a répondu "ne pas comprendre" pourquoi il a fait cela.

Concernant les armes, le procureur fédéral, rappelant qu'il s'agit d'armes de guerre avec lesquelles Farid Hakimi posait notamment sur des photos retrouvées sur son gsm, le prévenu a répondu ne pas savoir où elles se trouvent. Il déclare n'avoir fait que "poser avec". Il ajoute qu'il n'a jamais utilisé les armes qui ont servi à commettre les faits et précise qu'il n'a été qu'un simple chauffeur pour certaines des attaques.

Benaouane, lui, conteste deux préventions et admet le reste. Il déclare ainsi n'avoir jamais vendu de stupéfiants.

Vient le tour de Marwane Hamouda, défendu par le pénaliste Sebastien Courtoy. Il conteste l'intégralité des préventions à sa charge. Il a tenu à préciser qu'il avait été mis sous pression par les enquêteurs. "Tout ce que j'a déclaré, je l'ai fait sous pression. On m'a dit que si je ne le faisais pas, ma femme irait en prison". Hamouda fait référence au chef d'enquête, Ludovic, poursuivi, pour rappel, par ailleurs pour violation du secret professionnel. Le chef d'enquête a entretenu une relation avec la compagne de Marwane Hamouda après l'arrestation de ce dernier. "Au début, il n'était pas amoureux de ma compagne mais après, depuis la prison, je suis tombé sur des messages de sa part, destinés à ma compagne". Et Hamouda d'ajouter, après questions de son avocat, Sebastien Courtoy : "Le chef d'enquête m'a promis de demander à la juge de demander de me mettre un bracelet si j'accusais les autres et si je me dénonçais". Hamouda a ajouté qu'il avait eu des contacts directs avec le chef d'enquête depuis la prison. "Oui, une fois, via un GSM en prison, nous avons eu un échange de sms sur l'effectivité de la délivrance d'un bracelet électronique". Le procureur fédéral, Julien Moinil, a tenu à préciser qu'il n'y avait aucune vengeance dans son chef envers Hamouda. "Il a été transféré d'une prison à l'autre mais pour des raisons bien précises. Et non pas par vengeance".

La maman de Farid Hakimi reconnaît avoir cherché une arme pour son fils

Peu avant midi, c'est au tour de la maman de Farid Hakimi de prendre la parole. Elle fait également partie des prévenus : "J'ai agi par instinct maternel, je reconnais être allée à la recherche de l'arme de mon fils, Farid Hakimi. Il m'a plus ou moins expliqué où cela se trouvait mais je n'ai rien trouvé". Face aux répétitions de la maman, qui assure avoir "agi par instinct maternel", le président Renaud Moulart répond qu'elle vient de "détruire 100 ans de combat féministe".


Pauwels prend la parole et se montre ému

Il est 11h59, c'est au tour de l'animateur vedette Stéphane Pauwels de se présenter devant le président Renaud Moulart qui ne manque pas de faire remarquer que les journalistes vont soudainement s'agiter. "Si vous me laissez m'expliquer, je n'ai rien à voir avec le home invasion et je fréquente des personnes avec qui j'ai perdu le fil. Je suis alors avec une dame qui se plaint tous les jours du harcèlement de son compagnon. J'en arrive à demander de l'aide à un policier aussi. Le compagnon continue de la harceler et Monsieur Jamal Enif me dit : tu veux que j'aille le voir ? J'assume : j'ai dit 'oui si tu veux lui foutre une tarte', mais sans plus. Je suis dans une période compliquée, y a une inculpation sur la cocaïne. J'assume, j'ai déconné, j'ai filé du mauvais côté. Jusqu'à mes 47 ans, je ne savais pas ce que c'était de la drogue et j'assume. Mais en aucun cas, il n'y eu une volonté de faire mal. J'ai vécu une mauvaise période. J'assume le fait que j'ai dit à Jamal Enif 'oui si tu veux, va le voir'. Lui en foutre une ou pas, c'est pas bien mais c'était une baffe, sans volonté d'abîmer".

Le président l'interrompt : "Donc il y a une volonté dans votre chef de faire mal ?"

Stephane Pauwels : "Pas pour faire mal. Je suis dans l'optique que l'ex de ma compagne de l'époque cesse. J'ai simplement dit à Jamal, 'dis lui qu'il arrête de faire chier'".

"L'intimidation, c'est une violence, Monsieur Pauwels", lui rétorque le président. "Vous vous attendiez à ce que Monsieur Jamal Enif y aille lui-même ?" lui demande le président

"Moi je pensais qu'il allait y aller, il était très présent à la maison, il venait boire un verre à la maison, etc. Je voulais juste qu'il lui dise qu'il arrête, c'est tout. Qu'il la laisse tranquille. Peu importe du reste, je ne suis pas dans une optique d'agression. Je rentre de Paris, du travail et, tous les soirs, elle me dit que son ex l'agresse. J'ai tenté de demander à un policier. Là où j'ai pas de bol, c'est que je n'ai pas eu de policier que je connaissais dans la région. Si cela avait été dans ma région, à Mouscron, j'aurais été voir l'inspecteur Joseph et c'était réglé". Le président lui répond : "Ah ben mince alors, vous avez plus de pouvoir que moi avec la police..."

Et l'argent à trouver chez les victimes ? "Je ne vais pas nier, Vanessa disait régulièrement que son ex avait de l'argent. Elle le disait partout, souvent. Ils ont été en couple pendant plusieurs années. C'est bien après que j'ai appris que c'était toujours très tendu entre eux".

Sur le fameux plan, Stephane Pauwels indique avoir découvert son existence par les déclarations faites par la suite par les enquêteurs.

Sur les clés de l'habitation de la victime à Lasne, Stephane Pauwels déclare qu'il ignorait que Vanessa avait remis ces clés à Jamal Enif.

"Vanessa racontait à tout le monde qu'il y avait beaucoup d'argent chez son ex mais pas directement dans le cadre des faits de home invasion à Lasne", poursuit Stéphane Pauwels.

"Dans mon esprit, c'est Jamal Enif qui allait faire peur à l'ex de Vanessa et pas quelqu'un d'autre", répète Stephane Pauwels.

Le président précise qu'il n'y a plus de question et l'animateur, déformation professionnelle oblige, répond : "Si, moi j'ai une question". Le président sourit : "Non, moi je ne réponds pas aux questions". Stéphane Pauwels ajoute ne pas connaître Farid Hakimi. "Je suis dans cette salle depuis ce matin et je ne connais personne", ajoute l'ancienne star du petit écran.

Sur les 5000 euros proposés, l'animateur s'explique aussi

Concernant la tentative de corruption reprochée à l'animateur, on parle d'une proposition de 5000 euros, ce dernier répond qu'il n'en est rien du tout : "Mais j'assume, j'ai un de mes amis qui me dit : 'je connais bien un ami qui connaît les frères Hakimi'. Mais je suis tellement mal alors que les médias se déchaînent, je laisse faire mon ami. C'est très con de ma part, j'aurais dû dire 'non, ça sert à rien' mais j'étais acculé. Je ne me suis pas opposé à l'annonce faite par mon ami d'aller voir Said Hakimi pour qu'il fasse dire par son frère que je n'avais rien à voir dans l'affaire".

Le président l'interrompt : "Mais vous avez dit Monsieur Pauwels que vous vous doutiez bien qu'il fallait payer".

"Non, pour moi il n'était pas question de payer. J'étais juste acculé, c'est tout et je voudrais ajouter que mon ami m'a proposé cela sans mauvaise intention. C'était juste pour m'aider. C'est parti d'un bon sentiment parce que j'étais sans cesse sali dans la presse".

Le procureur fédéral Julien Moinil prend la parole : "Quand Monsieur Pauwels a-t-il eu connaissance que c'était Hakimi et ses complices qui sont allés à Lasne ?"

Stéphane Pauwels répond qu'il ne le découvre que lors de sa première audition devant la police, lors de son arrestation donc, en août 2018. Maître Discepoli demande à Stephane Pauwels de confirmer que le chef d'enquête lui a demandé à plusieurs reprises s'il était racketté par la bande Hakimi. "Je confirme que Monsieur Ludovic N. semblait faire une obsession sur Farid Hakimi, à un point qu'il voulait à tout prix que je dise que j'étais racketté par ces gens-là".

"Avec Stephane, on était plus drogués et alcoolisés qu'autre chose. Il m'a enfoncée !"

Place à présent à Vanessa Colassin, l'ex-compagne de Stephane Pauwels : "C'est vrai que j'ai donné l'adresse de mon ex, Fréderic, à Lasne. C'est vrai que je parlais beaucoup de lui avec de la colère mais je ne m'attendais pas à un vol avec violence. L'histoire de cette clé, c'était un double que j'avais gardé. Un soir, on était au resto avec Stephane et, à sa demande, je suis sortie du resto pour donner la clé à Jamal Enif. Quand j'étais avec Stéphane, on était plus drogués et alcoolisés qu'autre chose ! Il ne m'aidait pas à m'en sortir. Il m'a enfoncée. J'ai donné la clé mais je n'ai rien imaginé. J'ai été dépassée par les événements."

Pourquoi avoir dès lors parlé de la présence d'argent chez son ex, lui demande le président : "J'avais besoin de le dire. Je le répétais tout le temps, devant tout le monde, sans mauvaise intention".

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