L'opération Cathédrale vient d'aboutir devant les tribunaux anglais

LONDRES Un des plus vastes réseaux pédophiles mondiaux sur Internet avait été démantelé lors de l'opération Cathédrale, en 1998. 107 personnes avaient été arrêtées dans douze pays, dont la Belgique. Cette opération avait sonné le glas du club Wonderland, sans doute le plus structuré au monde chez les amateurs de sexe enfantin.

Les deux règles du club étaient que chaque membre devait avoir au moins 10.000 photos d'enfants en sa possession et accepter d'échanger ces images avec les 180 autres membres.

Un seul de ces pervers, arrêté en Italie, est suspecté d'avoir possédé à lui seul 180.000 images!

La police a découvert un total de 750.000 photos d'enfants au cours de l'enquête, ainsi qu'une vidéothèque de l'horreur comprenant 1.800 cassettes, montrant des enfants victimes d'abus sexuels. L'âge des victimes s'échelonnait entre de simples nourrissons de trois mois et des adolescents de 18 ans

Mercredi, devant un tribunal londonien, sept Anglais ont admis faire partie du réseau. Ils seront fixés sur leur sort le mois prochain. La loi britannique ne permet toutefois pas de leur infliger une peine de plus de trois ans pour diffusion de pornographie sur Internet. Ils pourraient être déjà libres au bout de dix-huit mois.

Un projet de loi à l'étude prévoit toutefois de porter cette peine à dix ans pour les futurs délinquants.

La tâche des enquêteurs consiste à présent à identifier les victimes. C'est chose faite pour quelques douzaines seulement, sur un total estimé à environ 1.200 enfants.

Parmi les neuf Britanniques inculpés suite à l'opération Cathédrale, l'un s'était suicidé et un autre a été jugé séparément depuis lors. Selon un enquêteur, `les hommes arrêtés sont des gens respectables dans la trentaine. Pas du tout les dépravés des bas-fonds que l'on imagine parfois´.

Le club Wonderland a été découvert à partir d'une enquête menée à San Jose, en Californie, visant un autre repaire de pédophiles, l'Orchid Club. Les membres pouvaient s'adonner à leur vice grâce à un système adapté de vidéoconférence où ils pouvaient intervenir pour guider les viols de mineurs en fonction de leurs préférences sexuelles.

Un des animateurs de ce club était un Britannique habitant le Sussex. La police locale fut avisée et perquisitionna chez lui. A l'analyse du disque dur de son ordinateur, on découvrit le Wonderland Club. Ce fut ce qui déclencha l'opération Cathédrale, le 2 septembre 1998.