L’opérateur avait figuré pendant des années sur la liste noire de la Commission des jeux de hasard.

L’opérateur Betclic, partiellement détenu par le casino de Monaco, se retire du marché belge des jeux en ligne. Le bookmaker, qui figure parmi les acteurs majeurs du marché en Europe, a connu des déboires et des ennuis judiciaires en Belgique. Il a figuré entre 2012 et 2014 sur la blacklist de la Commission des jeux de hasard et s’il avait finalement obtenu en mai 2016 la licence F1 lui permettant d’opérer légalement en Belgique, c’était après avoir dû s’acquitter d’une lourde amende pour échapper à la justice.

Pour Emmanuel Mewissen, CEO du groupe liégeois Ardent qui représente Betclic Everest, la page était tournée et ces déboires judiciaires ne sont pas en cause. Betclic a tout simplement décidé de "se repositionner sur le marché français. Betclic a dû faire des choix et, face à de nouveaux défis, décider de se concentrer sur ses activités en France", alors que "le secteur belge du jeu, qui avait pris énormément de retard, arrive enfin à maturité".

Betclic, qui sponsorise plusieurs équipes de sport, proposait un catalogue diversifié. Il vous permettait de parier sur le foot, le tennis, le basket, le volley, le cyclisme, la boxe, le football américain, les matchs de l’UFC, le cricket, le handball, les courses de moto, le golf, le rugby et le speedway.

L’opérateur était actif en Belgique depuis au moins 2012 quand la justice belge et la Commission des jeux de hasard constataient au printemps 2014 que s’il était licencié dans différents autres pays européens, il ne l’était pas sur le marché belge. Durant l’enquête, 600.000 € furent saisis et 170 Belges ayant parié en passant par Betclic identifiés, dont 162 se virent infliger des amendes. Le parquet de Bruxelles engagea des poursuites et pour éviter le tribunal, Betclic accepta de payer une transaction pénale de 150.000 € et de rembourser 82.900 € pour couvrir les amendes infligées aux joueurs.

Betclic obtenait ainsi de pouvoir entreprendre les démarches nécessaires auprès de la Commission des jeux. Le 10 mai 2016, celle-ci délivrait la licence officielle l’autorisant à enfin opérer légalement. Pour pas longtemps : à peine un an après, une "nouvelle stratégie", selon Emmanuel Mewissen, amène l’entreprise à quitter ce marché belge. Quant aux dépôts de joueurs faits sur Betclic, M. Mewissen assure que tout ce qui doit l’être sera récupéré par ceux-ci. Il ne reste d’ailleurs selon lui que "20.000 euros".