Le ressortissant tunisien de 36 ans qui a tué à coups de couteau vendredi une agente du commissariat de Rambouillet en France présentait des troubles de la personnalité, a déclaré hier le procureur national antiterroriste Jean-François Ricard. "Si la radicalisation de l’agresseur paraît peu contestable, la présence de certains troubles de la personnalité a pu aussi être observée."

L’attaque de l’agente administrative a été perpétrée dans le sas de sécurité où Jamel Gorchene s’est engouffré derrière elle, après avoir fait des repérages et des allées et venues devant le commissariat, dont témoignent les images de vidéosurveillance. La victime, une agente administrative du secrétariat, âgée de 49 ans, rentrait de sa pause déjeuner quand l’assaillant lui a porté deux coups de couteau à la gorge, d’après les premiers éléments de l’enquête.

La fonctionnaire, qui n’était pas armée, est décédée sur place, malgré l’intervention des pompiers. Elle travaillait à Rambouillet depuis 28 ans et était mère de deux filles, âgées de 18 et 13 ans. Pendant l’attaque, Jamel Gorchene a crié "Allah Akbar" selon des témoins et porté à la victime "un coup de couteau à l’abdomen et l’autre à la gorge", avant d’être tué sur place par deux tirs "de riposte" d’un policier, a précisé le procureur. Une "rapide exploitation" de son téléphone portable retrouvé sur place a révélé que "l’agresseur avait immédiatement avant de passer à l’acte consulté des vidéos de chants religieux glorifiant le martyr et le jihad."

Le père de l’assaillant "a souligné que son fils avait adopté une pratique rigoureuse de l’islam. D’un autre côté, il a également mentionné des troubles de comportement qu’il avait pu remarquer chez son fils en début d’année", a rapporté le magistrat. Jamel Gorchene avait "sollicité une consultation psychiatrique" au centre hospitalier de Rambouillet le 19 février, puis avait eu un nouveau rendez-vous le 23 février. Cependant, "il semble que son état n’a nécessité ni hospitalisation, ni traitement."

M. Ricard a part ailleurs annoncé qu’une cinquième personne, un cousin de l’assaillant, avait été placée en garde à vue dimanche, en plus de son père qui résidait avec lui à Rambouillet (Yvelines), d’un autre cousin et d’un couple de personnes l’ayant aidé à se faire domicilier administrativement dans le Val-de-Marne.