Depuis le début de l’année, les frais de taxi lors des transferts de détenus facturés à l’administration pénitentiaire s’élèvent déjà à 760.000 euros alors qu’ils s’élevaient à 120.000 euros en 2000 (pour l’année complète), et n’étaient que de 350.000 euros en 2010, selon des chiffres publiés à l’époque par le SPF Justice. Si le problème est bien connu depuis des années, la facture pour ces transferts de luxe ne cesse donc de s’alourdir alors que la crise contraint la justice à des budgets serrés.

En dix mois seulement, le montant de 760.000 euros de frais de taxi pour détenus marque une hausse sensible sur 2011 et 2012. Selon le SPF Justice, cette hausse est à attribuer principalement aux transferts des mineurs d’âge vers les palais de justice ainsi qu’aux frais de taxi vers les aéroports lors des rapatriements.

Le montant englobe aussi les frais de taxi pour détenus vers les hôpitaux. Ensuite, l’administration supporte les taxis des fins de week-end lorsque les détenus réintégrant l’établissement pénitentiaire à l’issue d’un congé… se trouvent à court d’argent pour payer la course.

Et l’administration consacre ainsi un budget croissant pour du transport de luxe, et alors qu’elle entretient pourtant une flotte d’environ 100 fourgons cellulaires. En 2009, le coût des transferts de détenus à bord de taxis s’était élevé à 285.194,53 euros.

Il avait bondi de plus de 20 pour cent l’année suivante, pour grimper en 2010 à 350.527,42 euros. 2013 en est déjà à 760.000.

Alors qu’il était encore exceptionnel au début des années 2000 : preuve en est qu’en 2002, les 375 euros facturés à l’administration pénitentiaire pour transférer en taxi un détenu d’Arlon vers Bruxelles, ces 375 euros avaient choqué et fait la une de l’actualité. Chaque établissement veille pourtant à utiliser les cellulaires de la façon la plus optimale. Le SPF Justice n’a aucun plaisir à dépenser les deniers du contribuable.

Selon nos infos toujours, les prisons impliquées dans les transferts de détenus en taxi les plus coûteux sont, dans l’ordre, Lantin, Bruges, Gand et Louvain. Les prisons de Forest, Andenne, Nivelles, Paifve et Saint-Gilles sont par contre les moins gourmandes.