Pour Antonio, le mouvement a été un flop. Il en détaille quelques raisons…

Entre les Gilets jaunes et Antonio Quattrocchi, il y a eu, à la longue, prise de distance. "On m’a reproché d’avoir été candidat sur une liste communale CDH. J’avais dit oui pour faire plaisir. Je n’ai pas été élu. Mais beaucoup ne voulaient aucun politicien, ce que je n’étais pas, dans leurs rangs."

Un prétexte ? De la jalousie ? "En tout cas, au fil du mouvement, des ego se sont fait connaître, beaucoup voulaient une part de leadership. Chacun a voulu créer sont petit groupe dans sa commune et à organiser des mini-blocages. L’intention était bonne. Mais c’était au détriment de la cohésion d’un mouvement qui déjà, à la base, était éclaté. Ce qui n’était pas idéal pour négocier avec le gouvernement. D’autant que personne ne voulait être le porte-parole de tous les Gilets jaunes. Résultat, côté revendications, cela partait dans tous les sens. À un moment donné, il y en avait 72. On réclamait 0 % de TVA pour les pauvres, 35 % pour les riches. C’est intenable. Il fallait, à mon sens, cibler une baisse des taxes sur les produits pétroliers, une TVA à 6 % sur les biens de première nécessité, eau, gaz, électricité, et, de façon plus générale, plus de justice sociale et fiscale."

"En outre, avec les débordements, nous souffrions d’un déficit d’image. Bien vite, les citoyens ne nous ont plus suivis. Les trois manifs à Bruxelles n’ont pas eu le succès escompté."

Aujourd’hui, Antonio parle de flop. "I l n’y a pas eu d’avancées au final, si ce n'est un blocage des prix pétrolier s."

Il est vrai aussi que, depuis un an, il n’y a plus vraiment de gouvernement...

Des actions annoncées ce week-end à Feluy et à Liège

Après les élections de mai 2019, les Gilets jaunes meurent à petit feu. "On recommence à me solliciter pour une relance", explique Antonio. L’option des blocages est réactivée : "Mais sans répéter les erreurs." On parle de succession d’opérations coup-de-poing, de deux-trois jours maximum. "Nous donnons rendez-vous sur un parking puis on se rend sur le lieu de blocage. Ce qui laisse aux GJ du temps avant que les autorités n’actionnent une procédure d’exclusion. "

Deux blocages tests sont organisés. Le 8 octobre au centre de tri de bpost de Fleurus. Le 18 octobre au centre Proximus de Courcelles. "Des Gilets jaunes d’un peu partout y ont participé. On pouvait relancer la machine." Des actions sont prévues ce week-end à Feluy et à Liège. Actions citoyennes, avec les Gilets jaunes avait donné rendez-vous hier soir sur le parking de la station essence de Thieu. "C’est là que nous avons indiqué que nous partions à Feluy. Nous y bloquons deux ronds-points et les sorties et entrées d’autoroute vers Bruxelles et Mons. En restant à 500 mètres de la raffinerie , nous respectons l’ordonnance de la bourgmestre."