La cour d'assises de Mons examine dès ce lundi le calvaire d'un bébé

MONS Neuf semaines. Autant dire que lorsque Loredana Alaime est décédée, le 21 janvier 1999, elle n'avait connu que l'enfer. L'enfer, entre son père, Yannick Alaime, qui frappait, et sa mère Catherine Hurchon, qui s'abstenait de venir en aide, au point qu'elle est, elle aussi, inculpée de meurtre. Accusés d'infanticide, les deux parents indignes risquent la réclusion à perpétuité. Leur procès va s'ouvrir ce lundi devant la cour d'assises du Hainaut. Pour les jurés du premier procès de la rentrée judiciaire, ce sont quatre journées éprouvantes qui vont se dérouler.

Lorsque Loredana est admise à l'hôpital A. Paré de Mons, elle est déjà dans un état que l'on peut qualifier de mort clinique. Sur son corps meurtri, les médecins découvriront de nombreux hématomes (à la tête et sur le corps), des fractures, anciennes et récentes, au tibia gauche et à plusieurs côtes. Mais, comme le note l'avocat général, M. Yernaux, dans son acte d'accusation, la mort a été consécutive à une `suspicion de fracture du crâne et à des lésions traumatiques endocrâniennes ayant entraîné des contusions hémorragiques au cerveau. ´ Pour les médecins, le nourrisson a reçu des gifles et des coups récents qui ont dû être importants. Le mauvais traitement ne fait aucun doute.

Et ce ne sont même pas les aveux piteux de son père qui aideront les enquêteurs à tout comprendre Les coups portés ont été bien trop violents.

Interrogé, Yannick prétendra d'abord ne pas comprendre ce qui s'est passé. Avant d'avouer des chutes accidentelles de la petite. Il invoquera une crampe au dos pour expliquer qu'il l'aurait laissée tomber au sol.

Devant la juge d'instruction, il passera aux aveux. `Je l'ai mordue à la joue, j'ignore pourquoi. J'étais violent quand j'étais énervé. Lorsque je la prenais violemment pour la secouer, j'ai dû l'attraper au niveau des côtes, ce qui a pu causer la fracture des côtes J'ai dû lui occasionner de petites coupures aux mains avec mes ongles, en lui donnant son bain Les bleus, ce doit être lorsque j'enserrais sa tête avec ma main´

Catherine Hurchon savait parfaitement le calvaire que le père faisait endurer à la petite. C'est sciemment qu'elle n'a demandé l'aide de personne par crainte qu'on lui en retire la garde! C'est même à l'instigation de son homme qu'elle a décidé de ne plus se rendre aux consultations de l'ONE Au départ de l'enquête, elle avait seulement été inculpée de non-assistance à personne en danger.

Dès ce lundi, devant les assises du Hainaut présidées par M. Jonckheere, Hurchon sera défendue par Mes Parisse et Bouchat. Alaime sera défendu par Me Discepoli.