La police fédérale va mettre sur pied un nouveau service qui doit venir en aide aux lanceurs d’alerte qui veulent signaler des abus dans leurs services ou leurs corps. Les agents de police qui sont confrontés à des dilemmes ou à des questions au sujet d’abus dans leurs rangs et qui ne peuvent pas se tourner vers leurs supérieurs ou collègues pour obtenir de l’aide pourront s’adresser à un service de confiance pour dénoncer ces problèmes. Celui-ci sera intégré dans le service Intégrité.

Constat initial : un problème fondamental au sein de la police est la collégialité qui parfois se traduit par une loyauté mal placée ou une crainte de représailles de la part de collègues ou supérieurs.

Et donc, au départ, trois personnes seront attachées à cet organe, joignables par téléphone. Et davantage de personnel sera formé pour être des personnes de confiance au sein du service. L’objectif est qu’à plus long terme un réseau national soit développé. Cette initiative tombe en pleine affaire Chovanec, en plein débat sur les présumées violences policières aussi.

La semaine dernière, le permanent syndical Eddy Quaino (CGSP) avait fait une sortie médiatique réclamant un tel dispositif. La police assure que l’initiative ne découle pas de cette affaire et était déjà en cours de préparation depuis longtemps. " Disons qu’elle a accéléré les choses ", nuance le syndicaliste. " Les faits de harcèlement, de violence, de racisme ou des gestes tels qu’un salut nazi doivent pouvoir être dénoncés sans risque. Je connais par exemple un cas où une policière a dénoncé des comportements violents à sa hiérarchie. Cela s’est su. Elle est devenue la cible de collègues, elle a dû être changée de service."