Le colonel Marc Gilbert craint pour ses ambulanciers qui n’ont pas de masques FFP2.

Dans les casernes, on ne rigole pas : " Désinfections et nettoyages supplémentaires des locaux de vie, deux à trois fois par jour. Les pompiers entrent d’un côté et sortent de l’autre. À l’intérieur, ils enlèvent leurs chaussures et mettent des pantoufles. Matin, midi et soir, je prends la température de tout le monde" , décrit le colonel Marc Gilbert, chef de la zone de secours Val de Sambre.

Êtes-vous pourvus en masques ?

"Des masques chirurgicaux, les zones de secours en ont maintenant. Mais il a fallu le temps. Ils ne sont arrivés que le 19 mars. Notre zone en a reçu 3 000. Il nous en restait 8 000 en stock. Pas certain que ce sera suffisant, d’autant plus que, dans l’urgence, nous fournissons des hôpitaux et des maisons de repos de la région."

Pas de masques FFP2, à haut niveau de filtration ?

"On ne nous fournit pas. Ce qui est regrettable. Bien sûr qu’il faut privilégier les milieux hospitaliers. Mais nous avons une ambulance spécialement dédiée au Covid-19. Nous avons entre 5 et 10 cas suspects par jour, nous les transportons à l’hôpital. Une ambulance, c’est une cellule sanitaire. Le minimum serait de disposer de tels masques."

Comment expliquez-vous ces livraisons tardives de masques chirugicaux et le manque de FFP2 ?

"Déjà, de coutume, nous sommes les parents pauvres. C’est encore le cas ici. J’ai entendu qu’on nous considérait comme des intervenants de deuxième ligne. Mais nous sommes en première ligne! Il y a les ambulanciers bien sûr qui courent des risques. Mais les pompiers aussi. Quand ils interviennent sur des feux de cheminée, ils sont directement en contact avec les habitants. Dans certaines zones, il y a des membres du personnel qui ont été contaminés."

On ne vous voit pas émerger parmi les héros de la crise…

"Nous sommes un peu oubliés, c’est vrai. Dommage que nous soyons simplement relégués au rang de distributeur de masques. Mais nous ne faisons pas notre boulot pour la gloriole."

Sinon, à part ça, c’est calme de votre côté ?

"Heureusement, pour compenser cette nouvelle activité liée au coronavirus, il y a le nombre d’accidents de la route, de désincarcération qui est en baisse. Tout comme le nombre de gros incendies. Les gens sont chez eux. Ils constatent directement dès qu’il y a un problème."