Hier, des télés françaises venaient les admirer

BRUXELLES Depuis trois jours, les services de la police utilisent des conteneurs poubelles pour héberger leurs radars. Au nombre de neuf, ces boîtiers sont répartis dans les provinces du pays, les deux Brabant et Bruxelles étant considérés comme une province unique. Aux dires de la police, les nouveaux conteneurs seraient beaucoup plus pratiques et tout aussi mobiles que les appareils habituels sur un trépied.

Avec l'avantage supplémentaire de la discrétion; car rien ne les distingue d'une... vraie poubelle et c'est ce qui en fait son originalité... qui déjà dépasse les frontières. Hier, pour la présentation à la presse, une télé française amusée par le sujet avait fait le déplacement de Paris.

Ceux qui seront moins amusés, ce sont les automobilistes au pied lourd : en une heure, hier, une poubelle radar placée le long de l'autoroute E411 à hauteur du chantier de Wavre en direction de Bruxelles, a flashé 409 automobilistes dont un à 130 km/h (au lieu de 70 !). "Et ce n'est pas le record", glisse, d'un air désabusé, le policer opérateur. "Tout au début, dans les travaux de Wavre en direction de Namur, nous avons flashé un véhicule à 184 km/h..." Et les P.-V. obtenus par les radars poubelles n'iront pas à la poubelle.

Avec ce système fabriqué à Anvers, les policiers n'ont rien oublié. Côté discrétion, son camouflage est prévu : la fausse poubelle peut être équipée d'une plaque aux lignes rouges et blanches qui la rend parfaitement anonyme. Pour autant, le service de police peut ne pas jouer la discrétion et alors y apposer une plaque bleue avec le mot police signalant la présence du radar.

Hier sur l'E411,409 P.-V. à l'heure

À vide, la poubelle flasheuse pèse 67 kg. Équipée du radar - on utilise en fait le matériel existant, aucun radar n'a été acheté - elle pèse 83 kg. Ses dimensions sont classiques : 1 m 12 de haut pour 65 cm de côté. Pour la facilité du transport, la poubelle qui flashe est équipée de roulettes, comme celles d'un Caddie.

L'intérêt, c'est l'absence de personnel policier visible immédiatement à côté. Mais il existe des contraintes : comme présenté hier, un véhicule doit se trouver au maximum à longueur de deux rouleaux de câbles de 30 mètres, soit 60 mètres.

Le but est d'utiliser le radar poubelle dans des secteurs routiers où il est malaisé de camoufler le véhicule, tant sur les autoroutes (c'est le cas par exemple du Viaduc de Vilvorde sur le ring de Bruxelles, et des chantiers en cours : l'appareil sécurisera les ouvriers... sans provoquer des réactions de freinage intempestif), que sur routes classiques (abords d'une école, etc).

Comme avec les appareils embarqués ou sur trépied, le flash se voit... dans le rétro. Les fausses poubelles sont limitées par le nombre de photos (actuellement : 800... mais la pellicule est rechargeable). Très bientôt, la police s'équipera d'appareils digitaux qui décupleront leur capacité.

Pour le reste, la poubelle flash ne souffre d'aucune faille : ainsi, sur autoroute, le radar couvre-t-il parfaitement les trois bandes. En outre, elle est protégée de façon telle qu'elle ne craint pas les intempéries.

Et son prix, direz-vous ? Exactement 13.873 euros, TVA comprise !



© La Dernière Heure 2008