Pour Michel Bourlet, les accusés sont assis dans l'ordre décroissant de leur responsabilité

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ARLON Les représentants du ministère public ont répondu mardi après-midi aux plaidoiries des avocats de la défense.

Ils ont une nouvelle fois pointé le rôle joué par chacun des quatre accusés. Pour Michel Bourlet, les accusés sont assis dans l'ordre décroissant de leur responsabilité: Marc Dutroux tout d'abord, Michelle Martin ensuite, Michel Lelièvre puis Michel Nihoul enfin.

Selon le parquet, Marc Dutroux n'est pas "le petit poisson d'un grand réseau". C'est plutôt lui qui vend ses victimes à des pédophiles, après en avoir lui-même abusé.

Michelle Martin n'est quant à elle pas seulement la femme soumise présentée par sa défense. "Ce n'est pas elle qui a eu l'idée de commettre les faits mais elle a obéi sans se poser de question. Sans elle, rien ne serait arrivé", a souligné Jean-Baptiste Andries, rappelant le "rôle précis joué par l'accusée dans l'association de malfaiteurs dirigée par son mari". Il a ainsi souligné que Michelle Martin avait fourni une aide lors de l'aménagement de la cache, pour fournir les repas, pour laver le linge ou encore pour acheter des pilules contraceptives.

Pour M. Andries, "une abstention peut entraîner une participation punissable lorsque cette abstention constitue un encouragement positif". Il estime dès lors que "sa connaissance des faits commis par Marc Dutroux, la préparation consciente et l'abstention d'agir constituent des actes de participation punissables".

Michel Lelièvre ne peut pas non plus n'être présenté que comme le suiveur de Marc Dutroux. Le parquet estime qu'il doit être déclaré coupable des enlèvements, séquestrations avec tortures, associations de malfaiteurs et détention, acquisition et vente de drogue. "Il a participé aux enlèvements et sait dans quelle pièce il joue. Il a participé aux tortures car il était là quand Sabine a été jetée dans la malle, quand les victimes ont été droguées et enchaînées. Il savait aussi que les victimes étaient violées", a expliqué l'avocat général, concluant "n'ajoutons pas au manque de vérité un manque de justice".

Concernant l'association impliquée dans le trafic de drogue, Jean-Baptiste Andries a remarqué que chacun des trois accusés poursuivis avait son propre rôle: Nihoul avait un stock à écouler, Lelièvre connaissait des acheteurs et Dutroux avait de l'argent pour financer l'opération.

Pour le ministère public, Michel Nihoul s'est bien livré à un trafic de stupéfiants. Jean-Baptiste Andries a remarqué que les causes d'excuse évoquées par la défense du quatrième accusé ne pouvaient pas être retenues. "La défense de Nihoul dit que le gendarme Vannesse savait que l'accusé possédait des pilules d'ecstasy. Tous ses collègues ont dit le contraire. Mais même s'il le savait, cela ne change rien. Il y a deux hypothèses. Soit Nihoul est coupable et il n'y a donc aucune raison d'appliquer une cause d'excuse; soit il est coupable et on ne peut dire qu'il a fait des déclarations complètes et sincères puisqu'il nie les faits", a remarqué l'avocat général en rappelant que la cause d'excuse s'applique aux personnes qui ont fait des déclarations sincères et complètes en dénonçant un trafic avant son exécution et en ne taisant pas son propre rôle.

Jean-Baptiste Andries n'a pas du tout évoqué le rôle joué par Michel Nihoul dans l'enlèvement de Laetitia. Michel Bourlet a quant à lui évoqué le fait en qualifiant de "douteux" l'alibi présenté par l'accusé. Pour lui, les témoignages qui ont attesté de sa présence à Bertrix "ne sont pas tous farfelus".