Faits divers

Détenus depuis le 6 avril pour meurtre et soupçonnés d’avoir fait disparaître une jeune femme d’origine indienne, mère d’un petit enfant, pendant l’été 2012 dans la commune d’Evere, Kewal Singh, mari de la victime, et Parminder Singh Kakanita, qui l’aurait aidé, sont libres.

Le premier a été libéré lundi par la chambre des mises en accusation de Bruxelles après avoir versé une caution fixée à 50.000 euros, confirment ses avocats Sven Mary et Hamid El Abouti, tandis que le second avait dû verser le montant dix fois moindre de 5.000 euros.

Inculpés de meurtre comme auteur ou coauteur, deux suspects sont libres après huit mois de détention et alors que l’enquête n’a pas progressé ni même permis de retrouver la victime ou ce qu’il en reste.

Sans nul doute un beau résultat pour les avocats qui ont pu pointer les nombreuses zones d’ombre du dossier. En revanche, un échec de la justice qui peine à faire la vérité sur la disparition de Mme Jugvinder Kaur, l’Indienne d’Evere.


La victime, Jugvinder Kaur, avait 36 ans (POLFED)


Selon la police, Jugvinder Kaur a disparu le dimanche 26 août 2012. Pour une de ses rares amies à Bruxelles, sans doute déjà plus tôt. Mariée sans amour en 2007 au Pendjab, la jeune femme de 36 ans vivait rue Plaine d’Aviation à Evere avec son mari qui possède plusieurs night-shops et leur enfant. Selon l’amie qui sera la première à s’inquiéter, la mésentente a forcé Jugvinder à quitter le domicile avec l’enfant. Mais le mari aurait retrouvé leur trace.

Cette version est niée par le mari. Il demeure qu’une procédure de divorce est en cours et que le mari est condamné à verser une jolie pension alimentaire.

Ce serait le mobile, lié à l’humiliation pour un homme dans la culture hindoue.

Jugvinder possède un GSM.

C’est la piste suivie. Le 26 août 2012, le GSM sert à 9h12 à donner un appel sans réponse en Inde. À 9h57, le correspondant en Inde rappelle mais en Belgique, cette fois, personne ne décroche. L’après-midi, le GSM est successivement tracé à Chièvres à 14h57 puis à 18h57 près de la gare du Nord à Paris.

C’est ce qui vaut à Kakanita d’être arrêté : il déclare que le GSM lui a été donné par le mari qui lui a demandé de se rendre en Thalys à Paris et de se débarrasser de l’appareil.

Le mari rétorque que c’est faux. Et depuis leur arrestation le 6 avril, rien n’a progressé et ce n’est pas faute à la justice de n’avoir pas tout mis en œuvre.

La Dendre a été sondée et le bois Bara, près de Lessines, fouillé pendant huit jours pour retrouver le corps, en vain. Seize mois après la disparition, le mystère reste entier.

Et les meurtriers présumés sont libres, avec interdiction de quitter le territoire et obligation de pointer tous les trois jours dans un commissariat.