Le président du syndicat de police SNPS, Thierry Belin, dénonce le manque de moyens accordés la justice.

Au lendemain de la terrible agression dont a été victime Fanny Appes, beaucoup s’interrogent sur l’absence de réactivité des forces de l’ordre. Par six fois, la jeune femme aura porté plainte contre son futur agresseur sans qu’il ait jamais répondu aux convocations des policiers. “À chaque fois qu’un tel cas de figure arrive, on entend les politiques dire qu’il faut faire plus pour écouter les victimes de violences conjugales, peste Thierry Belin, président du syndicat de police SNPS. Ça m’exaspère car ces services d’assistance aux victimes existent déjà. Ce qu’il faut surtout, c’est que la justice suive. Le problème, c’est qu’elle est moribonde, que ses moyens sont sans cesse diminués et que les magistrats sont débordés.”

Quand une victime de violences conjugales se présente au commissariat, elle est entendue et sa plainte est actée. La justice, via le magistrat, est ensuite avertie et c’est à lui de décider si la police doit intervenir ou non. “Tout au plus, on peut convoquer le suspect, confie Thierry Belin. Même si on a des preuves irréfutables concernant les faits, on ne peut rien faire sans l’ordre du magistrat. Or, ceux-ci croulent sous les dossiers et ils n’ont ni le temps ni les moyens de faire plus vite.”

Un sous-investissement du Fédéral pour la justice qui a un impact concret sur le terrain. “Aujourd’hui, les gens se demandent ce que fait la police. Mais la police fait son job, elle ! Le sous-investissement dans la justice entraîne un dysfonctionnement de la police. La justice est trop lente mais, au final, ce sont les policiers qui en prennent plein la tronche car ce sont eux qui sont au premier plan.”