Les trafics louches de l'indic Nihoul

Faits divers

Benoît Franchimont et Anne-Sophie Gérouville

Publié le

Mauvaise journée pour Michel Nihoul, empêtré dans le trafic de drogu

ARLON Tous les regards sont aujourd'hui tournés vers Marcinelle où la cour au complet se rendra dès 9 h pour une visite de la cache, au minimum, et peut-être d'autres pièces de la maison du 128 de la route de Philippeville, si le président donne son feu vert sur place.

Une maison qui enflamme Me Magnée, défenseur de Dutroux: «On a utilisé Julie et Mélissa comme des morceaux de fromage. On a filmé la façade pour voir quels rats viendraient les manger». Sur la cache: «Il y a des traces de 25 inconnus dans la cache. Ils sont plus nombreux que vous, messieurs et mesdames du jury. Ils pourraient vous casser la figure. Méfiez-vous. ils sont peut-être dans le public ou derrière leur téléviseur».

La journée de lundi été marquée par d'autres événements. Victime d'un lapsus, le dixième juré suppléant (un coiffeur de Bertrix) a été débarqué par la cour pour cause de partialité (plus ci-dessous).

L'essentiel de la journée a été consacré aux témoignages des policiers des BSR de Dinant et de Bruxelles, des policiers intervenus dans le dossier drogue impliquant Michel Nihoul. Deux faits importants sont désormais évidents: Nihoul était bel et bien un informateur de la BSR et il est bel et bien entré en possession de pilules d'ecstasy en marge de l'une des enquêtes qu'il a provoquées.

Michel Nihoul a toujours nié le trafic de drogue jusqu'à sa comparution en chambre du conseil en 2002. A cette date, il a reconnu les faits mais en ajoutant avoir procédé à une livraison contrôlée pour le compte de la gendarmerie. Pour le ministère public, Michel Nihoul a plus simplement détourné pour son compte les 5.000 pilules d'un trafiquant qu'il a balancé, David Walsh. Michel Nihoul affirme aujourd'hui que Walsh lui a donné... 1.300 pilules. Pour Michel Lelièvre, qui a reçu le stock de drogue de Nihoul, il ne s'agit pas de 1.300 mais de 1.500 pilules d'ecstasy. Aucun gendarme de la BSR n'a confirmé les dires de Nihoul, jugeant impensable que le contact de Nihoul, le gendarme Gérard Vannesse, dont les mérites professionnels ont été salués (lire par ailleurs), ait pu tolérer une livraison contrôlée de drogue.

Nihoul affirme par exemple que la police devait faire suivre discrètement Michel Lelièvre après la remise de l'XTC. Ici aussi, les gendarmes n'ont pas connaissance de ce projet. Michel Nihoul n'a pu donner le nom du policier qu'il avait prévenu après avoir remis les 1.000 pilules à Lelièvre afin de le faire suivre. «Michel Lelièvre était dans mon appartement. J'ai été téléphoner d'une cabine téléphonique. J'ai appelé un numéro qu'on m'avait donné sur un bout de papier qui a été saisi». Aucun policier n'a pu confirmer ses propos.

En fin d'après-midi, les jurés ont entendu deux policiers qui ont enquêté sur le volet Thirault (dont l'audition a été reportée, de même que celle des policiers de Charleroi qui avaient recueillis ses déclarations). Le policier Hervé Marcelle a d'abord déclaré avoir eu des problèmes graves avec le chef d'enquête Demoulin car il n'était pas dans la ligne du juge. Une habitude décidément dans ce procès. L'enquêteur a ensuite dressé le portrait de Claude Thirault, que Dutroux aurait voulu recruter pour les enlèvements.

© La Dernière Heure 2004

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