L&H: concordat ou faillite?

Faits divers

Hubert Leclercq

Publié le

Le juge qui doit trancher ce vendredi tient l'économie flamande entre ses mains

YPRES Lernout & Hauspie, L&H, le sigle qui faisait la fierté de la Flandre qui gagne, va-t-il survivre à cette première semaine de l'an 2001? La question se pose en ces termes. Le tribunal de commerce d'Ypres doit, en effet, se prononcer aujourd'hui, pour la seconde fois, sur la demande de concordat introduite à la veille de Noël par le groupe qui s'était fait une réputation internationale dans le monde de la reconnaissance vocale.

Depuis l'été dernier, le groupe technologique est en pleine déconfiture. Après avoir atteint des sommets en bourse, le titre de L&H a plongé en enfer. L'action est ainsi passée de 70 dollars au printemps à 3,5 dollars au moment de la suspension du titre au début du mois de décembre.

En cause: des montages financiers qui permettaient aux responsables de L&H de gonfler artificiellement un chiffre d'affaires en faisant acheter leurs produits par des sociétés qu'ils détenaient en sous-main, notamment en Corée. Le pot aux roses a été dévoilé par un quotidien financier américain, intrigué par la croissance du groupe flamand. Jo Lernout et Pol Hauspie ont tenté de nier l'évidence en vain.

Dernière chance

La première demande de concordat, bâclée en apparence, a été vertement rejetée par le président du tribunal de commerce d'Ypres Michel Handschoewerker. Les documents remis à cette époque ne permettaient pas au juge d'y voir clair dans les comptes de la société et dans les perspectives de redressement. Les rumeurs se sont aussi tôt mises à courir. La nouvelle direction étrangère pourrait manoeuvrer de la sorte pour couper l'aile belge de la société et se recentrer sur les avoirs américains et asiatiques.

Pour couper court à ces remous, le juge a désigné trois administrateurs provisoires chargés d'aider L&H de formuler la nouvelle demande de concordat. En ne prononçant pas la faillite en décembre dernier, le tribunal a lancé une dernière bouée au groupe de technologie vocale. Il a également veillé à ce que les actifs belges ne puissent être saisis, notamment par le cartel des banques qui avaient imprudemment avancé la bagatelle de 430 millions de dollars (soit +/- 20 milliards de FB) à L&H.

Outre les banques, de nombreux petits épargnants ont joué gros sur L&H et des milliers de ménage y ont perdu bien plus que le sourire. Si la faillite devait intervenir, il s'agirait d'un véritable séisme pour le monde économique belge.

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