Les révélations de La DH concernant la tenue d'une "lockdown partouze" à la rue des Pierres, dans le quartier gay de Bruxelles, en plein confinement, ont fait grand bruit. Comme nous l'écrivions, les faits impliquent 25 personnes interpellées, dont des diplomates et un député. Plus précisément : un eurodéputé.

Il s'agit en effet de József Szájer, député hongrois au Parlement européen. Membre du Fidesz de Viktor Orban et du PPE (centre-droit), le parlementaire a reconnu, par voie de communiqué, avoir été impliqué dans la partie fine qui s'est tenue entre les murs d'un appartement de l'hypercentre bruxellois.

"J'étais bien présent à cette fête à Bruxelles, écrit le mandataire européen. Je n'ai pas consommé de drogue, j'ai proposé à la police sur place de faire un test de dépistage, mais ils ne l'ont pas fait. La police a déclaré qu'une pilule d'ecstasy avait été trouvée. Je n'ai rien à voir avec cette pilule, je ne sais pas qui l’a placé ni comment. J'ai fait une déclaration à la police à ce sujet. Je suis désolé d'avoir violé les règles de rassemblement, c'était irresponsable de ma part et j'assumerai les sanctions pour cela."

Les "raisons personnelles" invoquées par le député hongrois ce week-end au moment de justifier sa démission surprise s'éclairent donc d'une lumière nouvelle : il a décidé de quitter la vie politique au lendemain de son interpellation à Bruxelles.

Pour rappel, Le Fidesz d'Orban s'oppose ouvertement à l'égalité des droits des personnes LGBTQ.

Les mains ensanglantées, le sac à dos contenant des stupéfiants

Ce mardi après-midi, le parquet de Bruxelles a confirmé l'information initiale, et précisé quelques éléments de cette sordide affaire.

"Un passant a signalé aux policiers qu'il avait vu un homme s'enfuir le long de la gouttière, il a pu identifier cet homme. Les mains de l'homme étaient ensanglantées. Il est possible qu'il se soit blessé lors de sa fuite. Des stupéfiants ont été trouvés dans son sac à dos. Cet homme n'a pu produire aucun document d'identité. Il a été amené jusqu'à son domicile, où il s'est identifié comme S. J. (1961), au moyen d'un passeport diplomatique." J.S. n'est autre que József Szájer.

Outre l'eurodéputé hongrois, deux personnes présentes (D. O., né 1977 et P. B., né en 1987), ont invoqué leur immunité diplomatique.

"Des procès-verbaux ont été dressés pour non-respect des mesures liées à la pandémie de COVID-19 pour toutes les personnes présentes. Un procès-verbal a également été établi pour S.J. pour infractions relevant de la législation en matière de stupéfiants", précise encore le parquet.

Des poursuites pénales ne pourraient être engagées qu’après la levée de l’immunité diplomatique et parlementaire des susnommés par les instances compétentes, rappelle l'institution judiciaire.