Il y a cinq ans, Louise, une adolescente de 16 ans, mettait fin à ses jours, poussée à bout par les insultes qu’elle recevait sur internet. Son père, Bernard Altenoven a fait de la lutte contre le harcèlement scolaire le combat de sa vie.

“Le décès d’un enfant, c’est toujours un tsunami. Toute la vie familiale et amicale est bouleversée. Un tel drame change tout, vous n’êtes plus la même personne. Après la mort de Louise, je n’ai plus pu travailler pendant un an et demi. Je n’avais qu’une envie : la rejoindre”, confie-t-il.

Malgré sa douleur, il a trouvé l’énergie de s’investir dans la lutte contre ce fléau et a participé à des actions de prévention dans des écoles qui ont touché près de 10 000 élèves. Il est également partie prenante du projet Cyber Help dont la DH parlait dans ses pages vendredi dernier.

“Grâce à ce genre d’outils, ce sera beaucoup plus facile pour les écoles d’intervenir. Cyber Help permet aussi de faire des captures d’écrans des messages problématiques. Avec tous les outils qui existent, on ne pourra plus dire que les écoles ne peuvent rien faire. L’essentiel, c’est vraiment la prévention. Il faut se dire que les harceleurs, malgré le tort qu’ils font, ne sont que des enfants. La vengeance ne sert à rien. Toutes les initiatives sont bonnes à prendre. La lutte contre le harcèlement est un travail de longue haleine. Il faut rassembler toutes les forces. Il est important de savoir qu’il est possible de se faire aider sans devoir dépenser beaucoup d’argent”, explique-t-il.

Le papa est également sollicité régulièrement pas des parents en détresse.

“Au début c’était lourd. Maintenant, les sollicitations se sont espacées. L’année passée, deux personnes m’ont demandé de l’aide. C’était des parents en pleurs, désespérés. J’ai essayé de les aiguiller le mieux possible mais je ne suis pas psychologue.”