La septuagénaire entendue le 9 mars 2005, le lendemain du tir sur Jean Winkel, n'a pas un profil criminel

NIVELLES "J'ai vu une pauvre femme venant à la place de brigands !" Dans sa carrière de juge d'instruction, Georges Lobet a déjà vu nombre d'individus. Mais appelé mardi à témoigner devant la cour d'assises, le magistrat a glissé cette confidence.

La septuagénaire qu'il a entendue le 9 mars 2005, le lendemain du tir sur Jean Winkel, n'a pas un profil criminel. Et pourtant, elle lui avouera avoir voulu tuer son ex-ami ("trois balles pour lui, trois balles pour moi ").

Blessée de s'être fait rouler par un homme qui l'avait quittée.

Le policier à l'accueil au commissariat de Nivelles, le 8 mars 2005, avait déjà reçu pareille confidence. Lucienne Harcq s'y était livrée spontanément. "Jean est un salaud ! Il ne sait pas choisir. Il l'a mérité. À 74 ans, on ne pouvait me faire ça ! ", ressassera-t-elle.

Même chose auprès de la PJ. Mais le 11 mars 2005, changement lors d'une nouvelle audition. "Lorsque je lui ai demandé de retracer la journée du 8 mars 2005, tout a été quasi pareil", a confié, hier, devant la cour, Michel Vray, enquêteur de la police judiciaire fédérale de Nivelles. "Mais elle a alors précisé ne pas avoir vu le coup partir et qu'elle n'a pas visé. Elle précise alors avoir jeté l'arme après un premier coup."

À l'ouverture de son procès lundi, Harcq l'avait répété : elle n'aurait pu tuer Winkel, car "elle l'aimait trop" . L'enjeu est donc multiple. Outre la volonté de tuer, les jurés devront trancher cette question : le geste a-t-il été prémédité ? Cette seule accusation de tentative d'assassinat a justifié un renvoi aux assises et non devant un tribunal correctionnel.



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