Selon un détenu qui vient d’être libéré, "il a droit à deux desserts".

"On lui fait balayer l’un des préaux. Je dois dire qu’il le fait très bien", nous a confié Jean-Pierre, qui sort de la prison de Nivelles où il purgeait une peine pour vol à main armée.

Lui ? Il s’agit de Marc Dutroux, qui vient, le 6 novembre, d’avoir 63 ans ; il en avait 39 à son arrestation.

"Quand je suis arrivé à Nivelles, il a fallu qu’on me le montre tant il est devenu méconnaissable. Ses contacts avec les codétenus sont quasi inexistants. Les agents bloquent les cellules à chaque fois qu’on l’extrait. Un rare moment de possible contact humain est quand on lui fait balayer le préau. Les détenus du rez-de-chaussée peuvent lui parler. Vous avez ceux qui lui parlent correctement et ceux qui l’insultent. Dutroux encaisse sans répondre."

Dutroux a donc la responsabilité, cet automne, de balayer le préau situé entre les cellules 1 000 et 3 000. "Il est seul. Toutes les semaines, il ramasse les feuilles. Ça lui prend une demi-heure. Franchement, vous devriez le voir, il le fait consciencieusement. Quand il remet son balai, il ne reste rien à terre. C’est sans comparaison avec l’autre préau, celui qui est situé entre les cellules 3 000 et 5 000 et qui est un vrai dépotoir. Celui de Dutroux, il est nickel."

Jean-Pierre ajoute cette anecdote sur la détention de celui dont trois experts psychiatres devront dire avant le 11 mai 2020 s’il reste un psychopathe dangereux ou s’il présente des perspectives réelles de réinsertion.

"Sur la porte de sa cellule, on a mis deux avis mentionnant ‘extra’. Cela signifie qu’il a droit à deux desserts. Quand d’autres reçoivent un fruit ou un yaourt, Dutroux en reçoit deux", relate Jean-Pierre.