Faits divers

La fillette, qui s'apprête à entamer sa quatrième primaire, a été mariée par son père à un quinquagénaire


RYAD Un juge saoudien appelé à se prononcer sur une demande de divorce pour une fillette de huit ans mariée à son insu par son père à un quinquagénaire s'est donné jusqu'au 20 décembre pour "réfléchir plus à l'affaire", a annoncé mardi un avocat de la famille.

Après avoir entendu, lors d'une audience lundi, le mari qui a répété qu'il ne voulait pas invalider l'acte de mariage, le juge, cheikh Habib Al-Habib, a fixé la prochaine audience au 20 décembre, a indiqué à l'AFP Abdallah Jtili, l'avocat chargé de demander le divorce par la mère de la fillette.

"Le juge a dit vouloir réfléchir plus à l'affaire et donner le temps aux parties pour un éventuel accord à l'amiable, avant de prononcer un verdict", a ajouté Me Jtili.

L'audience s'est tenue, selon lui, dans la ville d'Unayzah, à 420 km au nord de Ryad, où le mariage a été conclu.

L'affaire avait été révélée le 24 août par le quotidien saoudien Al-Watan.

La fillette, qui s'apprête à entamer sa quatrième année à l'école primaire, "ne sait pas encore qu'elle a été mariée", avait alors indiqué Me Jtili au journal.

Des proches de la fillette ont saisi une association saoudienne des droits de l'Homme, souhaitant son intervention pour faire invalider l'acte de mariage.

Des mariages avec des pré-adolescentes sont épisodiquement évoquées dans des pays de la péninsule arabique, dont l'Arabie saoudite, une monarchie ultraconservatrice, qui applique les principes du wahhabisme, une doctrine puritaine de l'islam, et où la polygamie est en vigueur.

Au Yémen, une fillette de huit ans avait obtenu en avril le divorce après avoir porté plainte auprès d'un tribunal contre son père qui l'avait forcée à se marier à un homme de 28 ans.

© La Dernière Heure 2008