Faits divers

Serge a été tabassé avec une barre à clous par Rachid et son père car il buvait pendant le ramadan !

BRUXELLES Si Serge, un SDF qui venait juste de sortir de l'enfer de la rue, est vivant aujourd'hui pour nous raconter son incroyable mésaventure, c'est tout simplement un miracle. Tabassé à coups de barre incrustée de clous, il a échappé de peu à la mort. "Un des clous a frôlé l'artère fémorale", explique Serge. Encore sous le choc de cette agression surréaliste d'un fanatique. "J'ai été agressé car je buvais une bière. Cela n'a pas plu à un monsieur qui m'a hurlé que je n'avais pas le droit de boire de l'alcool pendant le ramadan."

Une version confirmée par le parquet de Bruxelles qui qualifie cette agression de "particulièrement grave". Un des auteurs, Rachid, 21 ans, a été interpellé. "Il a été placé sous mandat d'arrêt pour coups et blessures volontaires ayant entraîné une incapacité de travail."

Revenons aux faits qui se sont déroulés lundi vers 19 h rue Blaes, dans l'entrée d'un dispensaire. "J'avais un rendez-vous chez le médecin", nous explique Serge. "J'étais un peu trop tôt et j'ai pris un apéro. Une bouteille de Duvel." Rachid et son père habitent au-dessus du dispensaire. "Un homme âgé est venu vers moi et a hurlé que je n'avais pas le droit de boire pendant le ramadan. Il m'a poussé." La situation a dégénéré. "Le fils est arrivé. Ils m'ont jeté dehors, sur les poubelles qui traînaient dans la rue."

Alexandre, 65 ans, qui habite en face, a entendu des cris. "Ce que j'ai vu dépasse tout. Le jeune homme a pris une barre incrustée de clous. Il a frappé la victime qui était à terre", explique Alexandre. "C'était un vrai lynchage. Il y avait du sang partout. Le père et le fils frappaient."

Serge a tenté de se défendre en mettant ses bras devant son visage. "J'ai cru mourir. Quand j'ai vu une giclée de sang sortir de ma jambe droite, j'ai cru que c'était fini. J'ai perdu deux litres de sang."

"Le père et le fils ont donné des coups de pied à la victime quand elle était encore à terre", précise le parquet. À l'arrivée de la police, Serge gisait dans une énorme mare de sang. Rachid et son père ont expliqué que ce n'était que de la légitime défense. Le juge n'a pas eu la même vision des faits.

Sans ressources, Serge, qui a besoin de béquilles pour marcher, n'a pas les moyens de s'en procurer. "Je n'ai rien, même pas de quoi téléphoner. C'est un ami qui m'a prêté des vêtements. Je ne sais pas quand je vais pouvoir sortir de l'hôpital. Le trou dans la jambe est pour l'instant trop profond."



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