Luc Eykerman, patron des laboratoires Sterop, écope d'un an de prison avec sursis et d'une amende d'un million FB

BRUXELLES Le tribunal correctionnel de Bruxelles a mis fin hier matin au procès fleuve des laboratoires Sterop et de leurs deux responsables, Luc Eykerman et Rita Labis. Après plus d'une heure de motivations, le président Sprockeels a fait tomber le couperet: 1 an de prison avec sursis et 1 million FB ferme pour le premier; 1 an avec sursis et 400.000 FB ferme pour la deuxième. Une décision qui met un terme (provisoire, car les prévenus vont en appel) à des heures de débats au cours desquelles la défense, représentée par Me Eric Libert, s'en était ouvertement prise à la presse, affirmant que `les journalistes spéculent sur l'ignorance du public.´ Les juges adopteraient-ils la même position?

L'inspection générale de la pharmacie en avait, elle aussi, pris pour son grade. Les prévenus se plaignaient en effet d'un procès inéquitable en raison de l'attitude de l'inspection générale de la pharmacie qui aurait orienté l'enquête. Un argument balayé par le tribunal qui souligne `qu'il était loisible aux prévenus de faire état de leurs griefs devant la chambre du conseil.´

Sur le fond, la grande majorité des préventions est déclarée établie. A commencer par `la falsification des dates de péremption et les faux certificats d'analyse de médicaments du groupe des antibiotiques se dégradant avec la température et l'humidité.´ Le juge ajoutant que `la modification des dates était intentionnelle et ne visait pas à rectifier une erreur.´

Une autre charge visait les photocopies des certificats d'analyse originaux de certaines perfusions sur du papier à entête de la SA Sterop Overseas. Le but de la manoeuvre était commercial: il s'agissait de prendre une commission et d'éviter que le client se fournisse directement chef le producteur. Cette pratique est interdite depuis 1992, et le tribunal estime que `l'intention frauduleuse est incontestablement établie.´

Un peu plus loin dans le jugement, on retrouve le même type de faits: `Les prévenus ont persisté à vouloir cacher le nom du fournisseur et ont fait l'économie d'une nouvelle analyse des médicaments, laquelle aurait permis de se rendre compte de la dégradation des produits.´

Il est aussi question d'importation illégale d'ampoules sans autorisation. `L'illégalité de la situation ne paraît pas avoir échappé aux responsables de Sterop´. Plus généralement, on reproche aux prévenus `le non-respect des principes et des lignes directrices de bonne fabrication des médicaments.´ Lors des perquisitions, on a trouvé des médicaments périmés stockés parmi d'autres Plus grave: des substances, comme le sirop pectoral junior, destinées au marché belge étaient falsifiés. Périmé en avril 1997, le sirop a gagné 19 mois de vie via ce traficotage.

En conclusion, le tribunal estime qu'il y a eu `des manquements manifestes, les faits sont graves et inadmissibles. Mais les prévenus ont fait des efforts pour se conformer aux exigences du métier. En outre, aucun élément soumis au tribunal ne permet de dire que ces manquements ont eu des conséquences sur la santé publique.´