L'homme était poursuivi pour trafic d'êtres humains, corruption passive et association de malfaiteurs. Neuf coaccusés, dont sa femme et son fils, ont été condamnés à quatre ans de prison et de lourdes amendes. Un montant de 522.500 euros, le produit minimal de la fraude pour la famille Kucam, a été confisqué.

Melikan Kucam, qui était toujours au conseil municipal de Malines à l'époque, avait été désigné par le cabinet de l'ancien secrétaire d'État à l'Asile et à la migration Theo Francken (N-VA) pour dresser des listes de candidats à une opération humanitaire de sauvetage des chrétiens assyriens depuis les zones de guerre en Syrie et en Irak. Kucam jouissait d'une grande confiance du cabinet, il scannait les familles et déterminait qui pouvait figurer sur les listes.

Le tribunal a estimé qu'il était prouvé qu'il avait abusé de cette position privilégiée pour se faire généreusement payer par ceux qui désiraient obtenir une place sur ces listes. Le prévenu savait également trop bien, selon le tribunal, qu'un certain nombre de ces candidats n'avaient jamais l'intention de demander l'asile en Belgique, ce qui était contraire aux conditions d'obtention d'un visa. Pour lui, c'était une raison de facturer des montants encore plus élevés.

Melikan Kucam a nié avoir reçu de l'argent, mais a déclaré qu'il "imposait des amendes" ou "exigeait des cautions" pour s'assurer que tout le monde suivait les règles. Le tribunal a trouvé son explication complètement incroyable.

Son fils Emanuël (23 ans) et sa femme Birsen Y. (41 ans) étaient également activement impliqués dans les pratiques. Les sept autres accusés leur avaient présenté des candidats au visa. Le ministère public avait exigé l'arrestation immédiate du prévenu mais le tribunal n'a pas obtempéré.