C’est l’analyse de l’Ocam : "actions individuelles" et "pléthore de cibles".

C’est l’analyse que font les Belges du massacre d’Orlando et de la tuerie de Magnanville, lundi soir près de Paris, dans laquelle un commandant de police et sa compagne ont été tués aux cris d’ "Allah akbar" par le terroriste Larossi Abbala. Pour la Floride comme pour Magnanville, l’Ocam conclut que "ce n’est pas la direction du groupe État islamique qui a ordonné les deux attentats. C’est une initiative personnelle des deux auteurs" .

L’objectif de l’Ocam, en analysant les deux attentats, est de tirer la leçon pour la Belgique. Dans sa note, l’Ocam distingue les actions commanditées et encadrées par l’État islamique (comme les attentats de Paris et Bruxelles) et les actions indivividuelles qui, très clairement, posent le terrifiant problème du large éventail des cibles potentielles.

S’agissant des actions individuelles, l’Ocam parle de "pléthore" et cite parmi les cibles : "Les homosexuels, la communauté juive, les chrétiens, les Yézidis, les chiites, bref, tout ce que l’État islamique rejette."

Et l’Ocam ajoute les "représentants de l’État" dont les policiers font partie, bien que l’Organe de coordination pour l’analyse de la menace s’empresse d’ajouter qu’à la date de mercredi: "Nous ne disposons pas d’informations crédibles qui indiqueraient une intention de l’EI de s’attaquer à des policiers ou des installations policières."

Dans sa note, l’Ocam s’interroge sur la rapidité avec laquelle l’État islamique a revendiqué l’attentat de Magnanville via son agence de presse Amaq.

Les Belges se demandent si l’EI "dispose d’un système de veille médiatique."

Un élément de réponse était apporté mercredi par Le Monde. Nos confrères révélaient que Larossi Abballa avait déclaré son allégeance à Daech et revendiqué le double assassinat en direct dès 20 h 52 lundi soir dans une vidéo de 12 minutes postée sur un profil Facebook ouvert au nom de Mohamed Ali. Et Abballa demandait à ses 160 contacts, et en particulier à ceux de l’EI, "de faire le communiqué de revendication par l’EI via l’agence Amaq", des meurtres de Magnanville.


Des policiers imprudents sur les réseaux sociaux

L’Ocam leur demande de retirer les détails personnels : photos, adresses, habitudes,…

Les syndicats policiers demandent à l’Ocam de porter à 3 le niveau d’alerte pour les commissariats qui est actuellement à 2 +, soit le niveau de vigilance renforcée , alors qu’il est à 3, grave pour la population, en dépit de l’assassinat, lundi soir en France, par un islamiste radicalisé du commandant de police Jean-Baptiste Savaing et de sa compagne Jessica Schneider.

La demande des syndicats policiers fait suite aussi à la diffusion mardi par la cellule antiterroriste d’un message d’alerte largement relayé hier par les médias, dont la DH, qui y ajoutait déjà le commentaire relativisant du directeur de l’Ocam Paul Vantigchelt sur la nécessité d’"analyser et contextualiser l’information".

Selon des sources, le message aurait été diffusé trop vite par la cellule antiterroriste qui a voulu échapper au reproche de ne pas partager les informations brûlantes dont elle dispose. Mais l’information existe.

Elle a entraîné, mardi après midi, la fermeture temporaire de plusieurs commissariats moins essentiels, en Wallonie notamment. Et dans le privé, des entreprises (dont des banques) déconseillaient hier à leur personnel de s’attarder en rue pendant l’heure de table !

Et hier, l’Ocam, qui précise dans une nouvelle note qu’elle "ne dispose pas d’informations crédibles concernant City 2 et les McDonald’s", recommande néanmoins "avec insistance" la vigilance pour les policiers présents sur la voie publique "tant en mission que dans leur vie privée".

L’Ocam recommande aux policiers la "plus grande prudence sur les détails personnels que certains policiers mettent sur les réseaux sociaux (Facebook…), photos, adresses, habitudes."

La police et les policiers sont toujours au niveau d’alerte 2 + alors que la Belgique est au niveau 3. Leurs syndicats demandent à l’Ocam de porter à 3 le niveau d’alerte pour les commissariats. "Même si cela ne fait pas beaucoup de différence, il y a quelque chose de difficilement compréhensible pour les gens sur le terrain", explique Vincent Houssin, vice-président national du SLFP. "Pourquoi un niveau 3 pour la population et un niveau 2 pour les policiers qui font également partie de la population et se trouvent même en première ligne pour la protéger ?", s’interroge le syndicaliste.

Il s’agit pour le président du SNPS Carlo Medo,"du signal que les autorités envoient aux policiers". Une rencontre entre les syndicats policiers et le directeur de l’Ocam Paul Van Tigchelt est prévue ce matin.