Le pensionnaire suspecté d'avoir tué son compagnon de chambrée a été remis en liberté

ANDERLECHT L'homme de 79 ans qui a mortellement blessé dimanche soir un autre résident du home Van Hellemont, à Anderlecht, n'a pas été placé sous mandat d'arrêt. Le septuagénaire a été libéré sous conditions mais est inculpé pour coups et blessures volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner. Une des conditions liées à sa libération est qu'il reste dans une institution fermée pour personnes âgées.

L’auteur présumé a visiblement utilisé le pied de son support à perfusion de type Baxter, pour attaquer et frapper l’autre résident qui était profondément endormi.

La victime avait 85 ans. Elle était en vie à l’arrivée des secours, mais déjà dans un état critique. Elle a été transportée à l’hôpital où le décès a été constaté lundi matin.

Selon les premiers renseignements, le suspect ne jouirait plus de toutes ses facultés mentales et souffrirait de démence sénile ou de la maladie d’Alzheimer.

L’affaire est confiée au juge d’instruction de Bruxelles, Mme Colette Calewaert.

L’information était communiquée hier matin. Depuis lors, le porte-parole du parquet de Bruxelles, Jean-Marc Meilleur, fait peu de commentaires. Il est prévu que la juge d’instruction fasse procéder très vite à l’examen mental de l’auteur présumé aux fins de vérifier son degré de responsabilité pénale.

Dès à présent, l’enquête n’exclut pas que les psychiatres concluent à l’irresponsabilité. L’homme né en 1932 serait dès lors interné dans un établissement de défense sociale.

Aucun mobile particulier, aucune animosité envers la victime n’a en tout cas pu être mise en évidence. L’enquête s’efforcera aussi de déterminer si l’auteur avait adopté récemment des comportements agressifs.

Le home Van Hellemont, qui dépend du CPAS d’Anderlecht, est une séniorie de type maison de repos et de soins.

L’institution comprend de l’ordre de 120 lits.

Les faits se sont passés vers 1 h du matin. Combien de veilleuses étaient présentes ? Comment assurer la sécurité de tous les pensionnaires et éviter la répétition de tels drames, heureusement excessivement rares ?

On répond que dans de tels établissements déjà confrontés en journée à un manque récurrent de personnel, une permanence de nuit de tous les lits occupés ne peut évidemment être assurée.



© La Dernière Heure 2012