Gianni Canaris, 20 ans, est accusé d’avoir tué son propriétaire, Daniel Thiébaut, 67 ans, très probablement pour des raisons financières.

C’est un drame navrant, une histoire effrayante qui s’est déroulée ce lundi dans l’entité de Tournai. Gianni Canaris, 20 ans et originaire de Bernissart, a tué le propriétaire du logement qu’il occupait depuis septembre, Daniel Thiébaut, un Tournaisien de 67 ans, pour des motifs financiers très probablement.

Daniel Thiébaut s’est rendu ce lundi vers 18 h au n° 277 de la rue Carlos Gallaix, à Chercq, un village de l’entité de Tournai. Il était le propriétaire de cet immeuble "et il était venu percevoir des loyers", explique Jean-Bernard Cambier, procureur du Roi de la division Mons-Tournai. "Des locataires les ont vus partir quasiment ensemble, Gianni Canaris annonçant à un locataire qu’il allait voir sa sœur. Ce témoin a ajouté que Gianni Canaris se trouvait sous influence, soit de l’alcool soit de stupéfiants."

Les deux hommes étaient peut-être partis en quête d’un distributeur pour que le propriétaire puisse récupérer le montant d’un loyer non payé et les 50 € pour la garantie locative, dixit un locataire.

Les choses se sont ensuite envenimées. "Vers 19 h, la police de Tournai a reçu un appel d’une dame qui a été témoin peu avant d’une scène de violence à Chercq, à la rue Roque-Crépin. Elle a évoqué un homme, jeune, menaçant avec une arme un homme plus âgé, qui avait été jeté au sol. U n autre témoin a entendu, vers 19 h, une voix jeune enjoignant à quelqu’un de monter dans le coffre de l’auto, et il l’a menacé de mort. Et il lui a enjoint de se rendre dans son bureau, pour aller chercher de l’argent."

Dans le même temps, le fils de la victime, inquiet de ne pas voir son père rentrer, s’est rendu au commissariat. "Suite aux témoignages, la police de Tournai a découvert des traces de sang assez conséquentes à la rue Roque-Crépin. Immédiatement, un signalement est envoyé, évoquant une agression violente et la présence probable d’une arme dans les mains de l’agresseur."

Entre-temps, Gianni Canaris s’est rendu chez sa sœur, à Bernissart. Il lui a confié avoir commis "une grosse bêtise"

Vers 21 h 45, le véhicule de Daniel Thiébaut, conduit par Gianni Canaris, s’est retrouvé dans un dispositif de police au pont Devallée à Tournai, un contrôle dans le cadre de la campagne Bob. Le véhicule a été reconnu, et un policier a mis le chauffeur en joue, lui enjoignant de sortir de son véhicule.

Mais Gianni Canaris a accéléré et tenté de prendre la fuite. Trois policiers ont tiré vers les roues du véhicule, deux agents ayant dû faire un écart alors que le véhicule fonçait vers eux. Il y a eu sept tirs. Avec trois pneus touchés, le véhicule a été rattrapé par les policiers à la rue Sainte-Catherine.

Le suspect s’est rendu. Un pistolet chromé se trouvait à portée de main sur le siège passager.

La police a ensuite trouvé le corps sans vie de Daniel Thiébaut dans le coffre de l’auto. "L’autopsie révèle que M. Thiébaut est décédé des suites de très violents et très nombreux coups portés à la tête avec un objet contondant, vraisemblablement avec la crosse du pistolet. On parle d’une vingtaine d’impacts… Un tir de la police a atteint le flanc de M. Thiébaut mais il n’y a pas de doute. Il était bel et bien décédé avant ce tir, l’impact de la balle n’ayant d’ailleurs provoqué aucun saignement."

La police judiciaire mène l’enquête. Le dossier a été ouvert auprès du juge d’instruction Alain Blondiaux.

Quant au suspect , connu pour des faits de stupéfiants, de violences, d’outrages, il tient un discours "pour le moins fantaisiste". "Il nie les faits mais les témoignages sont tels qu’il n’y a pratiquement aucun doute. Le juge d’instruction devrait très vraisemblablement décerner un mandat d’arrêt pour meurtre."

"Il a dit qu’il n’avait pas fait cela et il a pleuré"

Grégory, Candice et Amaury s’apprêtaient à manger ce lundi soir quand ils ont été les témoins de l’arrestation de Gianni Canaris. "Le déploiement était vraiment très impressionnant. Les policiers ont arrêté le jeune homme et ils ont tout d’abord retrouvé une arme qui se trouvait sur le siège passager", explique Grégory. "Puis, un policier est revenu vers le coffre du véhicule et, au moment de l’ouvrir, il a comme reculé, effrayé par ce qu’il venait de voir."

Grégory a tout de suite pensé à la présence d’un corps dans le coffre du véhicule. "J’ai alors entendu le conducteur dans le combi de police. "Je n’ai pas fait ça, je n’ai pas fait ça". Et il a pleuré."

Ne pouvant s’endormir face à ce qui se déroulait sous leurs yeux, Grégory, Candice et Amaury ont finalement vu un corbillard arriver vers 4 h. Il venait chercher la dépouille de M. Thiébaut.

"Un traumatisme pour notre famille"

Le nom de famille Thiébaut est bien connu dans l’entité de Tournai. C’est le nom de nombreux entrepreneurs. Dans sa vie active, Daniel Thiébaut avait été concessionnaire de voitures notamment.

"C’est un traumatisme pour la famille, nous sommes sous le choc", glisse Hervé Thiébaut, un neveu. "Daniel profitait paisiblement de sa retraite et de sa famille. Il était un homme bien, respecté, et voilà ce qui arrive… Ces faits tragiques, on se dit finalement qu’ils nous pendent au nez à tous. Une telle histoire attend n’importe qui au tournant. Dans quel monde vit-on ?"

"Nous sommes une famille solidaire" , dit encore Hervé. "Nous recevons aujourd’hui beaucoup de messages de sympathie, ce qui nous touche vraiment."