Faits divers Le coaccusé de Dutroux semble s’être découvert une vocation étonnante.

À 73 ans, Michel Nihoul crée à Tunis une Association pour la défense et l’honneur des êtres humains, l’Adheh dont il s’institue le président international.

Calquée sur l’ASBL éponyme créée à Bruxelles au début des années 2000, très vite après sa sortie de prison, l’association tunisienne veut venir en aide aux Tunisiens confrontés à des difficultés en tout genre, principalement d’ordre administratif.

L’Adheh est accessible, en Tunisie, à toute personne sans considération politique ou religieuse, hormis l’intégrisme. Elle sera dirigée à Tunis par une jeune femme, Najiba Bouallegue, avec laquelle Nihoul sera en contact via Skype.

Car Nihoul hésite à se rendre en Tunisie : peur, dit-il, que la réputation qui lui a été faite pendant l’affaire Dutroux, lui vaille d’être en danger s’il met le pied dans ce pays.

L’ASBL Adheh qu’il a créée en Belgique affirme avoir traité plus d’un demi-millier de dossiers depuis 2002.

L’ex-co-accusé de Dutroux, acquitté par la cour d’assises d’Arlon pour les faits de mœurs qui étaient mis à sa charge, précise que l’ASBL agit à titre entièrement gratuit, "et c’est bien sûr aussi le cas en Tunisie. […] Seuls, dit-il , les dons sont acceptés pour couvrir partiellement les frais encourus. Ces dons ne sont pas obligatoires".

Nihoul précise que c’est lors d’une rencontre avec un ex-ambassadeur de Tunisie en Belgique que le projet est né d’ouvrir à Tunis une association d’aide identique.

L’ASBL belge de Nihoul traite son premier dossier en Tunisie : un mari tunisien s’adresse à elle pour obtenir le retour à Tunis de son épouse bloquée en France depuis plusieurs années.

Michel Nihoul semble s’être découvert une vocation en prison, celle de défendre le quidam confronté à la toute-puissance de l’administration, des banques, des huissiers de justice, etc.

Bref, de défendre "le pot de terre contre le pot de fer".

Najiba Bouallegue (Crédit: D.R.)