L'ex-Monsieur Afrique aurait perçu près de 80 millions de FB

BRUXELLES Jean-Christophe Mitterrand devrait passer les fêtes de Noël derrière les barreaux. En cause: des ventes d'armes illicites en Angola orchestrées par la société Brenco dirigée par un certain Pierre Falcone. Un businessman arrêté depuis le 1er décembre dernier.

M. Mitterrand, ancien Monsieur Afrique sous la présidence de son père, a été mis en examen et écroué jeudi soir pour `complicité de trafic d'armes, trafic d'influence par une personne investie d'une mission de service public, recel d'abus de biens sociaux, recel d'abus de confiance et trafic d'affluence aggravé.´

Selon des informations publiées par Le Monde et confirmées par le défenseur de Jean-Christophe Mitterrand, Me Versini-Campinchi, le prévenu aurait perçu la somme de 1,8 million de dollars (+/- 85 millions de FB) de la société Brenco.

`Il a reçu cette somme car il était intervenu dans des opérations de financements bancaires qui n'ont rien à voir avec un trafic d'armes et le trafic d'influence. C'est complètement régulier´, a expliqué son défenseur qui a déposé, vendredi matin, une demande de remise en liberté selon la procédure d'urgence du référé-liberté. La requête sera donc examinée dans les prochains jours par la chambre d'accusation de la cour d'appel de Paris.

Le fils aîné de François Mitterrand est donc accusé d'avoir utilisé ses nombreux contacts africains pour permettre la réalisation de vente d'armes.

La trace de quatre virements aurait ainsi été retrouvée sur un compte en Suisse dont le bénéficiaire n'est autre que M. Mitterrand. Un fait qui n'est pas contesté mais les défenseurs de papamadi refusent l'amalgame entre la rétribution de conseils en placement fournis par leur client et un quelconque trafic d'armes. Peu crédible pour les juges d'instruction qui ont décidé de remettre en liberté Paul-Loup Sulitzer, l'écrivain-businessman inquiété aussi dans ce dossier et qui a reconnu, lui, avoir perçu la somme de 7,5 millions de FB de la part de la société Brenco.

La transaction avec l'Angola avait été menée par M. Marchiani, ex-préfet du Var, qui a affirmé avoir été mandaté à cet effet par le ministre de l'intérieur de cette époque, un certain Charles Pasqua. Bref, tant la droite que la gauche françaises trinquent.