Le fils de Pascal a été enlevé par sa mère allemande, il y a 11 ans. La justice lui répond qu’on ne retrouve plus sa trace


BRUXELLES Une photo d’Antoine souriant à ses 6 ans. Voilà le seul souvenir que possède Pascal de son unique enfant enlevé par sa maman allemande, il y a 11 ans. Depuis, plus rien.

Toutes ces années, Pascal n’a jamais baissé les bras. Il a continué à croire qu’il reverrait un jour son fils. En juillet dernier, le papa reprend espoir plus que jamais. Il reçoit un courrier officiel d’une juge allemande lui signifiant qu’elle convoquait l’enfant, âgé à présent de 17 ans, ainsi que son papa à un rendez-vous commun, le 17 septembre 2008. Pascal est fou de joie. Il va enfin pouvoir revoir son fils ne fût-ce que quelques instants devant cette juge en Allemagne.

Mais deux jours avant la date tant attendue, un fax vient réduire à néant tous ses espoirs : “La justice allemande m’annonçait qu’Antoine ne serait pas présent à ce rendez-vous, tout simplement parce qu’ils ne savent pas où se trouve mon enfant, ni ce qu’il est devenu. Pis, l’avocat de mon ex-épouse ne l’a même jamais vu. Nous avons contacté les voisins de la dernière résidence où sa mère était domiciliée mais, là aussi, on nous répond qu’Antoine n’a jamais été vu dans le quartie r ”, s’exclame ce papa qui aimerait au moins savoir si son fils est en bonne santé car il n’y a rien de plus pénible que de rester dans le doute. “L’autorité centrale belge en charge du dossier a classé celui-ci lorsque Antoine a eu 16 ans. La juge allemande m’a précisé qu’elle n’envisageait pas de poursuivre le dossier, que ce serait voué à une perte de temps. Je voudrais juste qu’on me dise qu’il est vivant”, répète Pascal, déterminé à se battre jusqu’à obtenir enfin une réponse.

“S’il le faut, j’irai mener des actions face à la justice allemande qui considère que lorsque vous êtes étranger, vous n’avez aucun droit en tant que père. Chez eux, dès que la maman qui a enlevé un enfant réside en Allemagne depuis plus d’un an, il lui accorde la garde exclusive si le papa n’est pas allemand”, poursuit Pascal qui espère de tout cœur pouvoir un jour adresser le message suivant à son fils : ”Je ne lui demande pas de prendre position, d’être du côté de sa mère ou du mien, pas du tout. J’espère juste qu’un jour il prendra conscience que je suis important pour lui. Je voudrais au moins savoir à quoi il ressemble maintenant, voir comment il a grandi, mais le droit familial allemand ne me le permet pas”, regrette Pascal qui aimerait tant pouvoir jouer son rôle de papa et enfin serrer son fils dans ses bras.


© La Dernière Heure 2008