Le mercredi 16 février, peu après 20H00, un jeune homme traversait les voies ferrées quand il a été percuté par le tramway à Bobigny (Seine-Saint-Denis). Quelques secondes avant le drame, il avait été frappé par des jeunes. Victime d'un arrêt cardio-respiratoire et d'un traumatisme crânien, il est décédé peu après minuit à l'hôpital.

Une première enquête avait été ouverte pour déterminer les circonstances du décès."L'hypothèse que la victime ait traversé les voies du tramway pour échapper à ses agresseurs était naturellement prise en compte", a souligné Eric Mathais, dans un communiqué de presse lundi.

Le 29 mars, une information judiciaire a été ouverte du chef de "violences volontaires en réunion ayant entraîné la mort sans intention de la donner", a poursuivi le procureur, précisant que la police judiciaire du département était en charge de l'enquête.

Un handicap non visible

Selon la famille du défunt, Jeremy Cohen, interrogée par Radio Shalom, le jeune homme souffrait d'un handicap non visible. Ses deux frères ont fait du tractage sur les lieux et ont recueilli une vidéo montrant une partie du drame, abondamment partagée sur les réseaux sociaux lundi.

Selon une source policière, une vidéo, confirmant l'hypothèse d'une altercation entre la victime et plusieurs individus a été reçue le 10 mars par les enquêteurs.

Réactions de plusieurs candidats

Ce drame a entraîné des réactions de plusieurs candidats à la présidentielle, dont certains ont pointé l'éventualité du caractère antisémite de l'agression précédant la mort du jeune homme de confession juive. Cette hypothèse n'a pas été évoquée par le parquet de Bobigny dans son communiqué.

La candidate d'extrême droite Marine Le Pen, donnée au second tour face à Emmanuel Macron, a évoqué dans un tweet ce qui "pourrait être un meurtre antisémite" alors que son rival Eric Zemmour a écrit sur le même réseau "Est-il mort parce que juif ? Pourquoi cette affaire est-elle étouffée ?".

"Notre souci est de convaincre et d'avancer avec l'autorité judiciaire sans aucune récupération", a réagi sur BFMTV, l'avocat de la famille Franck Serfati.

"La famille Cohen ne vient pas crier à l'antisémitisme", a-t-il ajouté. "Ce serait dénaturer les faits et préjuger. Mais il ne faut pas exclure à l'heure qu'il est l'élément aggravant d'antisémitisme".

Le président du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) Francis Kalifat a souhaité que "toutes les pistes soient explorées", exprimant sa "plus vive émotion" et son "entière solidarité avec la famille".

"Toute la lumière doit être faite", sur le drame ont de leur côté demandé deux autres candidats à la présidentielle, Jean-Luc Mélenchon (LFI) et Yannick Jadot (EELV).