Choqué par une caricature d’Aylan, l’attaquant du RFB regrette les frères Kouachi.

La mort du petit Aylan n’a pas fini de faire couler de l’encre. L’image-choc du garçon échoué sur la page de Bodrum a inspiré de nombreux dessinateurs à travers le monde. Cette semaine, Charlie Hebdo y est allé de son coup de crayon, sans faire dans la dentelle.

Dans la rubrique Les couvertures auxquelles vous avez échappé, plusieurs dessins aux traits tout aussi épais que l’esprit. Sur les réseaux sociaux, les critiques ont fusé. Un joueur des Francs-Borains a quant à lui littéralement dérapé. Sur son mur Facebook, Nassim Saadi commente en ces termes l’un des cartoons : "Je suis pas Charlie et je le serai jamais bande de fils de… Dommage, les frères Kouachi sont plus là. J’espère que d’autres gars referont la même chose. Je dis ce que je pense. Liberté d’expression."

Nous ne sommes pas parvenus à joindre le jeune attaquant de 21 ans. Du côté de la direction des Francs-Borains, on semble abasourdi. "Je ne suis pas très actif sur les réseaux sociaux", confesse Pierre Ubrain, le dirigeant du club de Promotion. "L’information m’a été rapportée par un administrateur. Nous n’avons pas encore pu nous entretenir avec le joueur, mais nous comptons faire toute la lumière sur cette histoire. Le sujet sera d’ailleurs à l’ordre du jour du prochain conseil d’administration mardi. Je sais par ailleurs que d’autres joueurs ont déjà dit à Nassim qu’il devrait modérer ses propos."

Une tuile de plus pour le RFB qui peine à se remettre de sa lourde défaite face à Hal la semaine dernière et qui a été tenu en échec par l’Olympic de Charleroi ce week-end. "Nous n’avions pas besoin de ça", soupire Pierre Urbain. "En tant qu’ancien lecteur de Charlie Hebdo, je sais qu’il faut pouvoir prendre du recul devant certains dessins. Je mets cette erreur sur le compte du jeune âge de notre attaquant qui est plus à l’aise sur le terrain pour exprimer son talent."

Si rien ne saurait justifier l’attentat du 7 janvier, ce nouvel incident devrait nous rappeler que le terrorisme ne tombe pas du ciel et qu’il serait temps d’en sonder les racines. Depuis que l’impensable s’est produit, "Je suis Charlie" a sonné comme un mot d’ordre autour duquel les positions se sont crispées. Plutôt que de botter en touche en convoquant des enfants dans des commissariats pour apologie du terrorisme, ne serait-il pas temps de remettre la balle au centre pour mener sereinement un débat de fond ? 

© D.R.