Faits divers

Le commandant de la base de Florennes obtient raison au Conseil d’État; une décision critiquée par le chef de la Défense

NAMUR Des hommes politiques namurois ont apporté vendredi leur soutien au commandant de la base de Florennes, le colonel Luc Gennart, un moment relevé de son commandement pour avoir dénoncé face caméra la “flamandisation” de l’armée, jusqu’à ce que le Conseil d’État suspende cette sanction hier en matinée.

“La parole est d’or, le silence n’est que de plomb ”, a lancé le gouverneur de la province de Namur, Denis Mathen, lors des fastes du 2e wing tactique – que commande le colonel Gennart – organisés à Namur, ville-marraine de la 350e escadrille. “La liberté d’expression est un principe premier dans notre État de droit”, a-t-il ajouté.

Le bourgmestre de Namur, Jacques Étienne (CDH), a pour sa part fait part de l’“avenir incertain” de la base, soulignant que le colonel Gennart avait eu le mérite de “donner l’alerte” et parlant lui aussi d’“appréhensions” sur l’avenir de la base de Florennes, le plus gros employeur de la province avec ses quelque 1.300 personnes.

Le Conseil d’État a donné raison vendredi matin au colonel Gennart, estimant qu’il existait un préjudice grave et difficilement réparable pour le plaignant, victime d’une atteinte à l’honneur et à sa réputation. Il a aussi tenu compte du premier moyen développé par la défense, à savoir le défaut d’audition.

L’officier a été vivement applaudi par son personnel et, dans une moindre mesure, par le public lors de son arrivée sur la place Saint-Aubain, peu après 13 h, lorsqu’il a passé les troupes en revue.

Pour sa part, le chef de la Défense, le général Charles-Henri Delcour, a appelé vendredi le législateur à prendre une initiative qui permettrait de continuer à garantir l’ordre et la discipline au sein de l’armée.

Selon le patron de la Défense, la décision rendue hier par le Conseil d’État met au jour la difficulté pour l’armée de prendre des mesures d’ordre et disciplinaires dans le cadre légal actuel. “Notre déontologie militaire et nos normes d’ordre et de discipline semblent devenues incompatibles avec les lois, ou avec les conventions signées par la Belgique.”

Le général Delcour a souligné vendredi le caractère exceptionnel des déclarations du colonel Gennart. C’est “du jamais-vu dans notre armée” , a-t-il dit.



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