Le pervers n'a pas daigné comparaître

MONS "Écoeurant", "abject", "nauséeux" : ce sont quelques-uns des adjectifs employés par la dizaine d'avocats des parties civiles pour qualifier le dossier qui a comparu hier devant la 3e chambre correctionnelle de Mons. Il a fallu déplacer un banc pour installer tous les parents des victimes, 18 garçons et une fillette âgés de 6 à 16 ans. Tous ont eu le malheur de croiser Jean-Jacques D. entre 2002 et 2004.

Cet ancien cheminot de 46 ans était toujours là pour réparer un vélo, couper les cheveux d'un petit garçon, emmener les gosses en randonnée à Strepy... Gratuitement ! Une aubaine pour ces familles de Cuesmes, la plupart à faible revenu.

Oui mais voilà, Jean-Jacques D. montrait aussi des cassettes pornographiques aux enfants, s'exhibait devant eux, demandait à voir leur sexe et parfois les violait. Car le philanthrope d'origine liégeoise était surtout un pédophile multirécidiviste, condamné à trois reprises pour viols et attentats à la pudeur sur mineurs, entre 91 et 97.

Sept ans derrière les barreaux n'ont pas suffi à brider ses pulsions. Venu s'installer à Cuesmes, il s'en est donné à coeur joie jusqu'au 23 septembre 2004, date de son arrestation. Le tout sous l'oeil complaisant de sa compagne Myriam B, qui a comparu seule à l'audience d'hier. Le pédophile, faisant valoir ses droits, n'a pas daigné quitter sa cellule...

Très petite, murée dans son silence, la quadragénaire offrait l'image même de la honte et de la désolation. Un expert psychiatre l'a décrite comme "d'intelligence moyenne inférieure, dépourvue de consistance morale." Elle savait, mais ne disait rien. Outre la prévention de non-assistance à personne en danger, elle répondait aussi d'attentat à la pudeur avec violence.

En 1999, elle a contraint son propre fils de 14 ans à... une relation sexuelle complète. En termes juridiques, il ne s'agit pas d'un viol, vu l'absence de pénétration. "J'avais pris des médicaments et quelques verres de vin, j'étais déprimée..."

Comble de l'horreur : en découvrant l'acte de sa mère, son fils aîné de 18 ans l'a violée en représailles !

Le premier substitut a réclamé la peine quasi maximale : 19 ans de réclusion et 20 ans de mise à disposition. Et pour Myriam B., 9 ans de prison et 5 ans de mise à disposition. Jugement le 9 octobre.



© La Dernière Heure 2006