Philippe De Staercke blanchi

Faits divers

Philippe Crêteur

Publié le

Non-lieu aujourd'hui pour le dernier inculpé des tueries du Brabant

MONS Aujourd'hui, vendredi 5 avril, il n'y a plus un seul inculpé dans l'affaire dite des Tueries du Brabant. À l'heure où vous lirez ces lignes, la chambre des mises en accusation de la cour d'appel de Mons aura rendu un arrêt de non-lieu dans le dossier ouvert à charge de Philippe De Staercke, confirmant ainsi l'ordonnance de non-lieu rendue le 30 mai dernier par la chambre du conseil de Charleroi. Une partie civile avait fait appel de cette ordonnance, ce qui explique le renvoi en chambre des mises en accusation. Il ne fait aucun doute que le non-lieu sera prononcé. Mais il n'est pas dit qu'on ne parlera plus de ce non-lieu devant une juridiction. Et même la plus haute qui soit puisqu'il est probable, sinon certain, qu'une ou plusieurs parties civiles iront en cassation.

Jusqu'à l'arrêt définitif, Philippe De Staercke ne s'exprimera pas. Il aurait pourtant tant de choses à dire, ce Brabançon flamand, originaire de Leeuw-Saint-Pierre, condamné par ailleurs par la cour d'appel de Gand pour des activités criminelles imputées à sa bande.
Ce 5 avril sonnera aussi le glas d'une enquête, fertile en rebondissements certes, mais qui, pour des raisons que l'histoire judiciaire de ce pays aura à éclaircir, n'a jamais pu être conclue. Certes, les enquêteurs de la cellule de Jumet ont obtenu un rabiot du ministre de la Justice: les faits ne seront prescrits finalement qu'en 2005. Mais à notre connaissance, rien de neuf n'est venu alimenter les carnets des enquêteurs. Tout au plus, la justice belge, mauvaise joueuse, a-t-elle réussi à se déconsidérer un peu plus encore en inculpant dans ce dossier tentaculaire un... journaliste flamand, auteur d'un scoop retentissant, et un ex-gendarme soupçonné de l'avoir tuyauté.

Philippe De Staercke qui vit, lui, avec cette fausse réputation de tueur depuis... juin 1987, aura perdu des années de vie. Vous embaucheriez, vous, un ex-taulard officiellement inculpé dans les tueries? Il aura fallu toute l'opiniâtreté de son avocat pour qu'enfin la justice accepte de confirmer officiellement ce que tant d'enquêteurs savent depuis longtemps: aucun élément à charge de M. De Staercke n'a pu se voir confirmé malgré les moyens mis à disposition des enquêteurs.

Philippe De Staercke n'est pas le seul à avoir subi injustement les foudres de la justice. Que dire de la bande des Borains qui, tous, furent acquittés par la cour d'assises de Mons? Le président Jacques Vereecke, aujourd'hui à la retraite, fut le seul magistrat à oser dire tout haut ce que la vraie justice pensait de ceux qui menèrent le dossier borain là où il n'aurait jamais dû être.
Que dire aussi des ex-gendarmes Madani Bouhouche, Bob Beijer et Christian Amaury? Si les deux premiers ont été condamnés pour des faits annexes, Amaury fut, lui, acquitté sur toute la ligne. Et pourtant, il a vu sa vie dévastée: plus de travail, plus de famille, la misère noire. Pour rien: victime d'un coup tordu de ses supérieurs, il goûte encore aujourd'hui au plaisir délicat de la revanche de ses ex-collègues. Lesquels sans cesse le noircissent auprès de ses employeurs potentiels, ou, par goût de la plaisanterie, sans doute, lui saisissent ses armes.

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