Face à l'absence d'aide, le centre d'aquariologie de Koekelberg a liquidé 91 spécimens

KOEKELBERG Faute de moyens, le centre d'aquariologie - 27, avenue Emile Bossaert, à Koekelberg - a euthanasié, hier, 91 poissons colorés illégalement que le ministère fédéral de la Santé publique lui avait refilés en décembre dernier.

C'est un courrier du 1er juin, signé Rudy Demotte (PS), alors ministre des Affaires sociales et de la Santé publique, qui a servi de déclencheur à la décision des époux Demol. Une lettre signifiant qu'"aucun budget particulier ne permettrait de venir en aide pour l'achat d'une nouvelle pompe".

Réaction de Pierre : "On est dans le monde piscicole et non aviaire. Il n'est pas marqué pigeon ! Il y a quelque chose d'illogique. Et on dit stop".

Qu'est-ce qui est illogique ? Le fait que, depuis fin 2006, le musée se soit fait hôte de 97 poissons, et ce, dans le cadre d'une campagne contre le commerce de poissons illégalement et artificiellement colorés. "En principe, cela suppose un dédommagement. Ce que j'ai demandé en date du 18 mars. Et qui nous est refusé."

Aussi, 91 de ces bestioles, de trois espèces, sont-elles passées au surgélateur où, de froid, elles n'ont pas survécu. La raison de cette réduction d'effectifs ? Laisser la place à la reproduction : "Ça nous coûtait autant en nourriture et entretien que pour la reproduction".

Pourquoi les avoir tués le 2 août ? Pour pouvoir entamer ladite reproduction à temps. L'oeuvre de Pierre Demol et de Danielle Roose n'est toutefois pas tirée d'affaire.

Crevés par 70 à 80 heures de boulot hebdomadaire, ils ne peuvent se reposer que sur 24.000 € de la Région flamande, quelque 6.300 € de la Cocof (pour des panneaux didactiques). "Le budget de fonctionnement, c'est 7.000 €/mois, en ce compris un 24 h/semaine. La nourriture coûte 4.700 €/an; l'électricité, 18.000 €/an; les animaux, c'est-à-dire les acquisitions, mais aussi les produits de préparation des eaux, etc., 10.000 €/an."

Malgré ces conditions, les aquariums de ces passionnés attirent du monde. D'où le double espoir de voir un jour le ministre-président de la Région bruxelloise et la Communauté française bourse délier. Sinon...



© La Dernière Heure 2007