«Politiquement correct»

Michaël Kaibeck Publié le - Mis à jour le

Faits divers Me Clément de Clety juge la décision du parquet général à l'égard de Michel Nihoul

BRUXELLES Nous vous l'annoncions hier déjà, le parquet général de Liège a décidé de lancer la procédure de mise en exécution de la décision de la cour d'assises d'Arlon condamnant Michel Nihoul à purger une peine de prison de 5 ans ferme pour trafic de stupéfiants et association de malfaiteurs.

Si Me Xavier Attout, très mécontent, et c'est un euphémisme, que cette décision soit rendue publique, déclarait ne pas être au courant de la décision vendredi matin. C'est en effet son confrère bruxellois, Me Frédéric Clément de Cléty qui a été averti par le parquet général de Liège de sa décision de ne pas surseoir à l'exécution de la peine pendant que le recours en grâce est examiné.

Me Clément de Cléty déplore une telle décision et la qualifie de «politiquement correcte». «Dans un cas normal, pour un dossier vieux de huit ans, on accorde une grâce partielle. Mais une fois de plus, on va tenter de faire un costume sur mesure pour M. Nihoul», poursuit l'avocat qui rappelle les arguments motivants le recours en grâce introduit dès la fin du procès Dutroux: l'ancienneté des faits, l'amendement acquis depuis huit ans, l'état de santé de Michel Nihoul, celui de sa compagne, et surtout le fait qu'il a été acquitté pour les enlèvements et les séquestrations d'enfants. Un recours en grâce qui ne s'annonce pas très bien. En effet, le parquet général a déjà transmis son avis au ministère de la Justice. Cet avis est négatif. L'administration doit encore compléter le dossier avant de le transmettre à la ministre qui devra prendre sa décision. Au cabinet, on précisait que cela ne prendrait pas plus de deux ou trois semaines alors que d'habitude la procédure prend plusieurs mois. Mais avec un avis négatif du ministère public, on voit mal comment la ministre prendrait une décision à allant dans le sens contraire.

Dans les jours qui viennent, le Bruxellois devrait donc recevoir son billet d'écrou lui intimant de se présenter à la prison. Une prison où, si le recours en grâce est rejeté, il passera au moins un an et demi avant de pouvoir espérer bénéficier d'une libération conditionnelle intervenant au tiers de sa peine, pour peu que les six mois de préventive qu'il a effectués pour le rapt de Laetitia soient pris en comptent.

© La Dernière Heure 2004

Michaël Kaibeck

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