Huit cents personnes, habitant dans un périmètre de trois kilomètres autour du site de la fabrique 3M, sont éligibles pour une prise de sang. Elles peuvent, dès à présent, se porter candidates. Ces habitants auront la possibilité de se faire tester sur une période d'environ six semaines. L'Institut provincial pour l'hygiène se charge des prises de sang, qui devront avoir lieu dans le centre sportif de Zwijndrecht. Les candidats doivent avoir minimum 12 ans et la répartition est faite en fonction des catégories d'âge et de la distance d'habitation par rapport au site de l'usine. Seul une personne par famille peut participer et la priorité est donnée aux femmes enceintes et à celles qui allaitent. Ces 800 personnes correspondraient à environ 7% de la population qui vit dans un rayon de trois kilomètres de la fabrique 3M.

"Avec ces tests sanguins, nous espérons en savoir plus sur la diffusion de substances per- et polyfluoroalkylées (PFAS) dans la région. Nous aimerions aussi savoir dans quelles mesures les riverains ont été exposés à ces substances et si celles-ci se sont accumulées dans le corps", explique le ministre flamand du Bien-être et de la Santé (CD&V). "Les prises de sang vont permettre d'évaluer les mesures de prévention et sont également une préparation avant une étude de bio-monitoring plus approfondie, qui démarra à l'automne."

Les résultats de ces tests sanguins ne donnent pas d'estimation du risque sanitaire de façon individuelle, bien que les résultats personnels soient communiqués. Les tests ont surtout pour objectif de donner des informations supplémentaires au niveau collectif. Les résultats sont attendus pour la mi-octobre.

Les PFAS ne seront pas faciles à remplacer, prévient un expert

Un expert du SPF Santé publique, Sécurité de la chaîne alimentaire et Environnement, Juan D. Pineros Garcet, est venu s'exprimer vendredi en commission du parlement flamand dédié à la pollution au PFOS, un dossier qui secoue la Flandre depuis des semaines. Il a estimé peu probable que l'on trouve très rapidement une alternative aux PFAS, la famille des substances perfluoroalkylées (dont fait partie le PFOS, l'acide perfluorooctanesulfonique), au vu de leur omniprésence dans nos objets du quotidien.

"L'innovation devrait vraiment être très rapide", si l'on veut se défaire des PFAS dans toutes leurs utilisations actuelles, a souligné l'expert. "Elles sont partout, parce qu'elles ont des propriétés techniques qui sont très pratiques". Ces substances sont entre autres utilisées pour des revêtements imperméables ou enduits, on les retrouve dans des emballages, des ustensiles de cuisine, des vêtements de pluie, etc.

Même si on connait désormais leur nocivité, "je suis relativement pessimiste quant aux alternatives. Car on observe un lien très faible entre les critères de santé et d'environnement et les investissements dans l'innovation", a expliqué vendredi M. Pineros Garcet.