Tourisme, culture et Église : les attentats commis depuis 2015 s’attaquent à nos symboles.

Depuis l’attentat contre la rédaction du magazine satirique Charlie Hebdo du 7 janvier 2015, les attentats se multiplient en Europe. Si les modes opératoires des terroristes sont variés, le choix des lieux n’est jamais laissé au hasard.

Daech vise en effet avant tout des lieux à haute valeur symbolique. C’est le cas de la célèbre promenade des Anglais à Nice, véritable symbole du tourisme occidental qui était officiellement candidate depuis octobre 2015 pour apparaître sur la liste du Patrimoine mondial de l’Unesco.

Le Bataclan aussi obéit malheureusement à la même règle. La prestigieuse salle de concert a été attaquée parce qu’elle était considérée par Daech comme le symbole d’une culture "perverse et abominable" , de même que les terrasses des cafés et des restaurants. Il en va de même pour l’attentat qui a frappé l’église de Saint-Etienne-du-Rouvray.

C’est la première fois qu’un attentat prend une église pour cible en France mais la menace planait depuis plusieurs mois. En avril 2015, les autorités françaises étaient parvenues à déjouer un attentat contre une église catholique de Villejuif, en banlieue parisienne.

À plusieurs reprises, l’État islamique a encouragé ses sympathisants à perpétrer des attaques contre des lieux de culte chrétiens. Dans son magazine en français Dar-al-islam, l’organisation terroriste appelait l’été dernier à viser "les endroits fréquentés, tels que les lieux touristiques, les grandes surfaces, les synagogues, les églises, les loges maçonniques, les permanences des partis politiques". "Le but étant d’installer la peur dans leur cœur", poursuivaient-ils. "L’Église est un choix très symbolique dans le sens où c’est à la fois une institution et un symbole de ce que l’État islamique appelle les croisés. Pour Daech, l’Occident est peuplé de mécréants qui sont représentés par l’Église", explique Thomas Renard, expert en terrorisme à l’Institut Egmont.

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