Faits divers L’ex-adjudant de gendarmerie Philippe Vermeersch cache-t-il la vérité ? La justice veut savoir. 

L'adjudant, déjà sur la sellette en 1997, niait à l'époque. Il nie aussi aujourd'hui, et avec force. Son avocat Walter Damen, l'indique.

Le parquet fédéral a confirmé l’interpellation mardi soir, révélée par VTM, de l’ex-adjudant Philippe Vermeersch, un ancien enquêteur de la cellule Delta chargée des investigations sur les tueries du Brabant. Tout en la nuançant : "Il n’y a aucun élément neuf. Il s’agit plutôt de fermer des portes", indiquait la porte-parole Wenke Roggen.

L’interpellation de l’ex-gendarme est à mettre dans le contexte de la découverte le 6 novembre 1986 à Ronquières d’indices - dont des armes, ayant servi aux tueries. Philippe Vermeersch est tout simplement le gendarme qui a mené les plongeurs aux sacs à indices. Il a toujours affirmé que cela s’était fait dans le cadre du travail policier classique.

C’est ce que l’enquête remet en question, des analyses ayant montré en 2013 que les indices en question n’avaient été jetés dans le canal que quelques jours avant leur découverte. De là, la fameuse piste de l’enquête manipulée en interne. Manipulée par qui sinon celui qui est à l’origine de la "pêche" de Ronquières : ce Philippe Vermeersch ?

"Rien de neuf" ? Tout cela avait déjà sauté aux yeux des parlementaires il y a… vingt ans. Vermeersch avait été entendu à huis clos en 1997 en commission d’enquête parlementaire. Voilà donc vingt ans qu’on "tourne autour du pot". En interpellant l’ancien gendarme, la justice fait le forcing pour crever l’abcès. Une question - et non des moindres - est d’éclaircir pourquoi Philippe Vermeersch, qui travaillait à l’état-major sous les ordres du lieutenant-colonel Gérard Lhost (lui-même récemment perquisitionné…), a curieusement été muté au bon moment dans la cellule Delta.

"Je peux confirmer que P. V. a été intercepté pour interrogatoire et qu’il a été privé de liberté, indique la porte-parole du parquet fédéral. Il n’y a aucun élément neuf. Il s’agit plutôt de fermer des portes. Il est actuellement interrogé par la police." Il n’était alors pas confirmé que l’ancien gendarme serait conduit devant la juge Mme Martine Michel.

Ajoutons que cette piste de la manipulation de l’enquête ne fait pas l’unanimité.

Récemment (DH 13 et 14 novembre 2018), nous avons retrouvé les ex-gendarmes de Soignies qui furent les premiers en novembre 1985 à localiser l’endroit à Ronquières. Ils nous ont tout expliqué, étape après étape, et démontré ainsi pourquoi ils étaient convaincus de n’avoir pas été manipulés.