Faits divers Les neveux de Denis-Adrien Debouvrie, eux aussi, sont convaincus que plusieurs personnes sont impliquées dans la mort de leur oncle.

La thèse selon laquelle le meurtre du roi de l’Îlot sacré, Denis-Adrien Debouvrie, est l’œuvre de plusieurs auteurs ne semble plus faire aucun doute à la cour d’assises de Bruxelles.

L’avocat général en premier lieu a avoué avoir fortement soupçonné Ayala Chekili comme l’un des auteurs. Selon les témoignages, cet homme d’origine tunisienne avait débarqué dans l’Îlot sacré comme amant de Debouvrie, qui possédait la plupart des immeubles de ce quartier historique de Bruxelles. Les deux hommes avaient ensuite fait des affaires ensemble et Ayala Chekili était lui aussi devenu propriétaire de certains établissements. Il était cul et chemise avec Debouvrie, qui allongeait quand les commerces de son ami connaissaient quelques difficultés.

L’enquête financière qui a été refusée par la police à l’avocat général aurait-elle pu amener à des indices de culpabilité de Chekili ? C’est la question qui mine les jurés. Et ce n’est pas l’interrogatoire musclé qu’avocats, juges et jurés ont imposé durant toute une journée à Ayala Chekili qui pourra combler une piste complètement manquée par l’enquête.

"Je reste convaincu que Tarek Ladhari [le seul accusé du meurtre] était là à un moment donné, juste avant les faits, ou pendant, ou juste après… Et je suis aussi persuadé qu’il y avait quelqu’un d’autre derrière. Tarek Ladhari n’aurait pas dû être seul dans le box", a déclaré mardi Patrick, l’un des neveux de Denis-Adrien Debouvrie, partie civile. Thierry, son frère cadet, n’a pas dit mieux. "J’ai le sentiment qu’il y a d’autres personnes impliquées", a-t-il affirmé, citant Ayala Chekili suite à la question empressée d’un juré : "Qui ?"

Les deux frères ont également précisé un élément important : quand leur oncle prêtait de l’argent à Chekili, ce n’était pas un don mais un prêt. "J’ai failli bondir lorsque je l’ai entendu dire que Denis et lui faisaient caisse commune", a déclaré Patrick.

L’audience de mardi a également permis d’apprendre que Chekili a déposé plainte il y a quelques jours contre Me Benoît Lombart, qui était son avocat et celui de Debouvrie, pour violation du secret professionnel. Une tactique, selon l’avocate de la partie civile, Me Nathalie Gallant, pour éviter que le juriste ne puisse se délier de son secret professionnel et ne vienne évoquer les dessous de l’association Debouvrie-Chekili.