Procès Dutroux: Michaux à la barre

Publié le - Mis à jour le

Faits divers L'ex-gendarme sommé, une nouvelle fois, d'expliquer ses erreurs

ARLON Le procureur du roi Michel Bourlet s'est inquiété du sort réservé à des cassettes vidéos saisies par René Michaux chez Marc Dutroux en décembre 1995. Toutes n'ont pas été exploitées et certaines ont disparu. «Je tiens absolument à savoir ce qu'il y a sur ces cassettes, dont certaines avaient disparu et j'irai jusqu'au bout », a dit M. Bourlet.

La défense de Laetitia Delhez partage des craintes similaires: elle estime qu'il y a eu une volonté délibérée de ne pas aller jusqu'au bout en n'exploitant pas ces cassettes vidéos qui auraient pu prouver que Marc Dutroux n'était pas un prédateur isolé.

Une centaine de cassettes ont été saisies par René Michaux lors de sa perquisition chez Marc Dutroux. Il a expliqué à la cour qu'il les avait transmises aux services spécialisés de la gendarmerie et qu'il n'était plus maître de leur sort. Il a dit s'interroger sur le rôle de sa hiérarchie et s'adressant à M. Lejeune, a précisé que «si tout le monde y avait mis du sien à la gendarmerie, il y aurait eu moins de victimes ».

Or, a fait remarquer M. Bourlet, une partie de ces cassettes n'a pas été exploitée, une autre partie a été rendue à Marc Dutroux chez qui elles ont été volées par la suite. C'est seulement près de trois ans plus tard, en mars 1999, qu'un membre de la BSR de Bastogne a découvert que, sur une de ces cassettes, Marc Dutroux violait une jeune femme en Slovaquie, des faits qui sont jugés par la cour d'assises, a précisé M. Bourlet.

Le comité P. a enquêté sur ce délai. Pour M. Bourlet, des cassettes, éventuellement perdues, auraient peut-être pu dire si d'autres victimes de Marc Dutroux ont été filmées et qu'elles ont été leurs conditions lors de la séquestration ou si Marc Dutroux avait des co-auteurs. Me Georges-Henri Beauthier va plus loin, il est avéré qu'en «allant chez Marc Dutroux, certains avaient intérêt à mettre la main sur les cassettes. (...) Il y avait des choses à cacher », a-t-il dit, soulignant que certaines montraient des travaux d'aménagement de caches chez Marc Dutroux. Il estime que l'enquête a été polluée et qu'on n'a pas voulu aller jusqu'au bout.

Au cours de son témoignage, M. Michaux a rappelé qu'un homme lui avait récemment confié avoir obtenu, de seconde main, les confidences de Daniel Pinon, frère de Gérard Pinon. Il accuse son frère et Marc Dutroux d'avoir enseveli, le même jour, Bernard Weinstein, Julie et Mélissa. Réentendues, aucune de ces personnes ne parle de Julie et Mélissa, a répliqué Me Ronny Baudewyn, avocat de Marc Dutroux.

Me Xavier Magnée, s'est de son côté offusqué d'une remarque du ministère public qui se demandait si ces questions à M. Michaux sur les responsabilités à la gendarmerie avaient un sens devant la cour d'assises. Me Magnée s'est alors interrompu, indiquant qu'il s'exprimerait en plaidoirie.

Cette longue série de questions à M. Michaux a irrité certaines parties civiles. Les conseils de Mme Lambrecks et de Sabine Dardenne ont dit avoir parfois eu l'impression d'être à la commission d'enquête parlementaire

Betfirst - Livepartners

A lire également

Les articles les + lus de la section

Ailleurs sur le web